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Littérature mineure aux États-Unis : le cas des écrivaines dites "Hispanics"

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Roxane Maiorana : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Pour cette communication, nous nous intéresserons au cas particulier des écrivaines « d'origine hispano-américaine » qui écrivent en anglais aux États-Unis. En effet, d'après nos recherches, il semble qu'elles constituent un champ important de la littérature mineure étatsunienne contemporaine. Cependant, elles sont constamment catégorisées dans des sous-groupes ethniques qui, loin de favoriser une réception internationale chez les chercheurs en littérature, les enferment, bien au contraire, dans des réseaux littéraires restreints. Notre approche théorique met à profit la criticométrie, soit la mesure de « l’activité critique en arts et plus particulièrement en littérature » (Ferrer, 2017), à l'aide de la plus grande base de données en littérature, la Modern Language Association International Bibliography (MLAIB). Nous montrerons ainsi que, même si elles sont étudiées dans le milieu de la critique littéraire, les écrivaines étatsuniennes « d'origine hispano-américaine » sont confinées à des stéréotypes au sein des analyses sur leurs œuvres. D'ailleurs, elles sont souvent, voire uniquement, cocitées entre elles. Si dans les années 1980, Gloria Anzaldúa aborde la question d'une possible « new mestiza consciousness » (1987, 77) pour les hispanophones aux États-Unis; à l'ère de la mondialisation, il s'agit a contrario d'une autre forme de marginalisation qui se cristallise autour de ces écrivaines.

Résumé du colloque

Dès la fin de la guerre froide, nous observons le surgissement d’un nouvel ordre géopolitique : la mondialisation (Dirlik, 2007; Freitag, 2008; Gélinas, 2000; Lewellen, 2002; Sassen, 2009). Ce changement entraîne aussi des métamorphoses culturelles, telles que la fin du postmodernisme, événement confirmé au début du 21e siècle (Hutcheon, 2002; Hassan, 2003; Ferrer, 2010). Pendant la même période, nous constatons que, du point de vue des études littéraires, de nombreux théoriciens se penchent de nouveau sur le concept de littérature mondiale (Casanova, 1999; Prendergast, 2004; Damrosch, 2003, 2011, 2014; Miller, 2011) et ouvrent les frontières afin de dépasser le point de vue occidental en intégrant la notion de mondialisation aux études littéraires (Patil, 2006; Saussy, 2006; Pizer, 2006; Gupta, 2009). Plusieurs chercheurs approfondissent aussi les relations entre littérature et traduction (Apter, 2013; Dyre, 2009; Xie et Shi, 2011; Chaudhuri, 2012; Morgan, 2013; Casanova, 2015), contestent le concept de canon littéraire (Insko, 2003; Kermode, 2004; Fishelov, 2010) et déclarent la naissance de l’âge hypercanonique (Damrosch, 2006). Cependant, à la même époque, nous constatons une tendance contraire par rapport aux écrivaines (Planté, 2003; Underwood et Bamman, 2016; Glorieux, 2017; Langlais, 2017). En effet, des publications récentes soulignent un phénomène de « déféminisation » (Langlais, 2017) de la littérature, soulignant même « un écart entre la présence de femmes écrivains dans la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire » (Planté, 2003, p. 655). Ainsi, malgré les mouvements féministes observés depuis l’après-guerre et la récente redéfinition du canon littéraire, les écrivaines continueraient de devoir surmonter de nombreux obstacles afin de faire rayonner leurs œuvres. En faisant suite à ces constats, ce colloque se propose de susciter un regard critique sur les enjeux qui caractérisent la place des écrivaines dans la littérature mondiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Écrivaines et mondialisation
section icon Date : 27 mai 2019

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Titre du colloque :

Écrivaines et mondialisation

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Thème du colloque :

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