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« Musique et tragicomédie françaises à la cour anglaise : traduction et mécénat sous Henriette Marie (1629-1640) »

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Marie-France Guénette : Université Laval

Résumé de la communication

Les intérêts artistiques de la reine catholique Henriette Marie, femme du roi protestant Charles Ier d'Angleterre, ont été façonnés par son éducation à la cour française de ses parents Henri IV et Marie de Médicis. Nous avons isolé deux textes imprimés qui nous renseignent sur l'influence des goûts de la reine française sur la culture de cour anglaise : French court-aires, with their ditties Englished, traduit par Edward Filmer (1629), et la traduction du Cid par Joseph Rutter (1637 et 1640). Pour « préserver » les airs de cour, Filmer sollicite le mécénat et la protection de la reine et semble inclure une métaphore filée dans laquelle les airs de cour sont associés aux ressortissants français vivant en Angleterre. Le paratexte anglais du Cid (1637) nous apprend que Rutter a traduit la pièce de théâtre à la demande d'Edward Sackville, chambellan de la reine. Étant lui-même le tuteur des enfants de Sackville, Rutter en profite pour inclure des passages supposément traduits par le fils du chambellan. Rutter traduira la deuxième partie du Cid (1640) à la demande du roi Charles Ier. En nous appuyant sur les stratégies d'analyse du « virage culturel » en traductologie (Bassnett, Lefevere), nous présenterons le contexte de production , ainsi que l'analyse paratextuelle comparative des œuvres traduites et de leurs originaux afin de dresser un portrait du rôle de la reine dans la traduction et la mise en scène de spectacles à la cour anglaise.

Résumé du colloque

Au Québec, les études de généricité (gender studies) en littérature française se sont beaucoup développées et transformées depuis leur émergence dans les années 1980. En effet, on assiste à des changements de paradigme importants sur le plan théorique; les problématiques liées à la construction de la féminité et de la masculinité ne sont plus désormais pensées en termes d’oppositions binaires (féminin-masculin), mais sont envisagées selon un spectre analogique de degrés plus ou moins prononcés au regard d’un pôle ou de l’autre. Les travaux menés au cours des dernières décennies ont donc soulevé de nouveaux enjeux relatifs aux prises de parole des femmes, notamment sous l’Ancien Régime. Par exemple, les phénomènes de ventriloquie textuelle où des hommes font parler des femmes et où des femmes font parler des hommes suscitent des interrogations quant à la notion d’écriture féminine ou de parole féminine et mettent en cause le caractère essentialiste de ces notions. Or, le professeur Jean-Philippe Beaulieu, de l’Université de Montréal, a été l’un des premiers chercheurs francophones à avoir au Québec formulé ces nouvelles questions et exploré des corpus jusque-là négligés. Non seulement il a choisi de travailler sur les écrits inédits d’une femme du XVIe siècle, Hélisenne de Crenne, ce qui à la fin des années 1980 était un geste novateur pour l’époque, mais il a aussi coorganisé en 1992 le premier colloque international exclusivement consacré aux femmes écrivains de l’Ancien Régime. Cette première rencontre savante a été suivie de plusieurs autres. Tout au long de sa carrière, J.-P. Beaulieu a privilégié des sujets à l’avant-garde de la recherche dans le domaine des écrits de femmes et il est maintenant reconnu sur la scène internationale comme LE spécialiste des écrits d’Hélisenne de Crenne. Nous souhaitons profiter de son départ à la retraite pour faire le point sur les études dont il a été un précurseur et qui empruntent aujourd’hui des avenues diversifiées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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