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Pérennisation des agglomérations culturelles pour les artistes

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Nadine Dupuis : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Une problématique a émergé d’une recherche menée en 2017 portant sur les artistes : ils ont relevé une inadéquation entre leurs besoins, attentes et valeurs et celles des parties prenantes lors du développement d’agglomérations culturelles. La documentation scientifique explique que les artistes s’établissent souvent dans des quartiers défavorisés en raison du faible coût des loyers. S’ensuit une revitalisation du quartier qui attire des individus plus nantis, entrainant deux conséquences : une hausse des loyers et une perte de l’authenticité associée à ces lieux. Ceci crée une tension entre les valeurs des artistes et des parties prenantes se traduisant par une délocalisation des artistes. Les recherches actuelles décrivent ce phénomène, mais ne s’attardent pas à étudier la gestion de ces agglomérations et des tensions afin de ressortir un compromis viable pour les artistes. En étudiant cette problématique au regard du management, l’objectif de cette recherche est d’identifier les leviers facilitant ou contraignant le développement et la pérennité des agglomérations culturelles pour les artistes. Le cadre théorique retenu est celui de la Justification de Boltanski et Thévenot, car il permet de comprendre les tensions entre différents systèmes de valeurs. Ce projet de recherche contribuera à l’avancement des connaissances sur la gestion des agglomérations culturelles et leur viabilité tout en outillant les parties prenantes et les artistes faisant face à cette problématique.

Résumé du colloque

L’apport de l’entrepreneuriat culturel et créatif à l’économie locale, mais également mondiale, est de plus en plus important, contribuant ainsi au développement économique et social de la société (Anderson et al., 2014). À ce premier phénomène se conjugue un autre, celui de la standardisation de la culture mondiale par les médias de masse et les grandes entreprises. Devant cette globalisation, un nombre grandissant d’entrepreneurs au sein des industries créatives et culturelles en viennent à adopter des caractéristiques communes, formant ainsi une masse dominante. On peut décliner ces caractéristiques selon trois dimensions. Il s’agit d’entrepreneurs : 1) se regroupant dans des métropoles créatives; 2) homogènes sur le plan socioculturel (langue, nationalité, religion, etc.); ou 3) créant des œuvres visant une diffusion dans les médias de masse. Si on dénote un intérêt sociopolitique grandissant envers les industries créatives et culturelles, le monde universitaire de la gestion n’est pas en reste. Plusieurs recherches se penchent sur l’entrepreneuriat culturel et créatif. Cependant, ces recherches, qui sont relativement uniformes, s’arrêtent à la manière d’entreprendre chez les acteurs appartenant aux masses. Du coup sont laissés de côté notamment les entrepreneurs : 1) hors des métropoles créatives (par exemple, les artistes hors des métropoles comme Montréal, Toronto, Los Angeles, New York, Paris); 2) appartenant à une minorité (par exemple, les minorités linguistiques ou ethniques); 3) qui diffusent volontairement leurs œuvres par des médias alternatifs, qualifiés ici d’entrepreneuriat marginal (par exemple, les groupes heavy metal). Conséquemment, trois questions doivent être posées : qu’est-ce qu’entreprendre hors des métropoles créatives? Qu’est-ce l’entrepreneuriat chez les minorités? Qu’est-ce que l’entrepreneuriat marginal? Ces trois questions forment les trois axes sous-tendant la problématique du colloque proposé.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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