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Aurore PROMONET : Université de Lorraine
Cette communication contribue à élargir la réflexion sur les usages scolaires du récit, à partir de recherches sur l’écriture scolaire d’enseignement et d’apprentissage. En France, l’activité scolaire donne traditionnellement lieu à la production d’écrits appelés traces écrites : écrits produits et consignés dans les cahiers des élèves, sous la responsabilité de leur enseignant, de l’école au lycée (6 à 17 ans), dans la plupart des disciplines scolaires. Ces traces écrites font l’objet d’une forte médiation enseignante. Ils restituent les objets de savoir travaillés et accompagnent les élèves dans la construction de leurs connaissances. Paradoxalement, les programmes scolaires actuels en font peu cas (4 occurrences en mathématiques uniquement). Ils donnent une large place au récit (40 occurrences, réduites au champ de la littérature), davantage prescrit comme objet d’étude que comme vecteur d’apprentissage, de reformulation ou de construction du sens. Quelles sont les caractéristiques didactiques et énonciatives des traces écrites narratives? Dans quelle mesure un tel récit d’apprentissage peut-il fonctionner comme vecteur d’apprentissage? À quelles conditions l’émergence d’un ethos apprenant (notion que je propose de définir) peut-elle favoriser la construction et la consolidation des connaissances des élèves ? Je propose d’aborder ces questions à partir d’un corpus de traces écrites scolaires recueillies au cycle 3 (8-11 ans), dans plusieurs disciplines scolaires.
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
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