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Antônio TOMASI : Centre Fédéral d'Éducation Technologique de Minas Gerais - Brésil
Au Brésil, l’usage de la notion et de l’approche par compétences ne sont pas une nouveauté même si un débat théorique plus approfondie n’est visible dans le domaine académique de l’éducation que récemment. Au regard des rapports sociaux, les enjeux dans la relation capital/travail ont beaucoup idéologisé les débats et impacté les recherches. Pour certains, le terme de compétences a été associé aux nouvelles exigences du monde de la production, au développement des habilités des travailleurs et de leur employabilité. D’autres sont plus critiques à son égard. L’associant aux intérêts du patronat, ils se proposent de l’examiner à l’une des théories sociologiques et des sciences de l’éducation. L’une des questions qui se pose concerne le rôle de l’école en la matière sachant que les compétences se manifestent dans la résolution de problèmes dans des situations réelles. La présente communication se base sur l’analyse d’une pratique pédagogique auprès d’étudiants d’ingénierie du CEFET-MG qui forment des ouvriers du bâtiment. Elle rendra compte du processus de développement des compétences renforcées par le partage entre ouvriers et formateurs des expériences de situations problèmes. Elle montrera comme l’organisation de discussions collectives autour des problèmes rencontrés, permet aux ouvriers et aux formateurs d’apprendre ensemble.
Problématique
L’usage qu’on peut faire de l’approche par compétences n’est pas indépendant du contexte ni de la notion de compétence elle-même. En effet, ce concept est adopté dans de nombreux domaines : linguistique, technologie éducative, psychologie cognitive, entreprise, sociologie, sociologie du travail, didactique professionnelle et formation des adultes, ergonomie, éducation de base, contexte scolaire, etc. Les vocables qu’elle mobilise sont foisonnants : compétences professionnelles, sociales, transversales, de base, académiques, disciplinaires, scolaires, cognitives, affectives, etc. Ce foisonnement n’est pas neutre. Il témoigne d’enjeux forts dans les rapports sociaux, entre employeurs et employés, entre gestionnaires des ressources humaines et les organismes syndicaux et professionnels, entre formateurs et stagiaires, enseignants et élèves.
Le colloque vise à réunir des communications sur la base de résultats empiriques, de réflexions théoriques ou d’expériences professionnelles. Trois axes seront privilégiés :
– Un axe sémantique visant à interroger le sens et la signification du terme de compétence au regard d’autres termes auxquels il peut être associé ou opposé. Il s’agit notamment de s’interroger sur les glissements sémantiques constatés entre qualification, capacité, compétence, employabilité.
– Un axe relatif aux processus d’acquisition des compétences dans leur pluralité : situation de travail, formation professionnelle, apprentissage informel. Seront également discutés les processus d’évaluation et de transfert des compétences, les démarches de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience.
– Un axe sociopolitique interrogeant les contextes d’émergences de l’approche par les compétences ainsi que les usages sociaux qui en sont faits. Il s’agit notamment d’interroger les enjeux et la portée qui sous-tendent le foisonnement de l’approche par les compétences ainsi que les limites pour ne pas dire les perversions qu’elle peut engendrer.
Pertinence
Le débat sur la notion de compétence montre qu’il n’existe pas une, mais plusieurs façons d’opérationnaliser ce concept. Deux enjeux principaux sous-tendent le colloque. Il s’agit tout d’abord de réunir des chercheurs et des praticiens de différents pays pour partager les résultats de leurs recherches et de leur pratique professionnelle d’accompagnement en la matière. Il s’agit ensuite d’interroger la pertinence de l’approche par les compétences au regard des enjeux sociaux, professionnels et personnels des différents acteurs que cette approche mobilise.
L’organisation du colloque est envisagée sur une durée de deux journées structurées en quatre séances d’une demi-journée chacune. Chaque séance contiendra trois communications d’une heure avec 40 minutes d’exposé et 20 minutes de débats.
Une conférence introductive sera donnée par le professeur Maurice Tardif (Université de Montréal) et sera ouverte au-delà des participants au colloque.
Titre du colloque :