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Prendre en compte la parole des filles en étude des médias

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Pénélope Chandonnet : Université Concordia

Résumé de la communication

Cette communication porte sur l’importance de reconnaître l’agentivité des filles et des adolescentes dans la réalisation d’études portant sur leur groupe. Les discours sociétaux qui mettent l’accent sur la « vulnérabilité » des filles supposent qu’elles doivent être encadrées par des adultes et assistées pour pouvoir développer leur pouvoir d’agir. Cette perception, et le regard surplombant qui le sous-tend, s’exprime tant dans les discours publics, les représentations sociales que les milieux de recherche. Cette communication va problématiser cette situation en exposant comment ce discours et cette attitude protectionnistes ont fait obstacle à la conduite d’un travail de recherche de deuxième cycle en étude des médias. Souhaitant réaliser une étude de réception de la série télévisée 13 Reasons Why, destinée à un public adolescent et traitant du suicide, j’ai été contrainte par le comité d’éthique de mon université de recadrer mon projet selon des principes qui n’étaient pas toujours en accord avec ma posture de recherche féministe. Les arguments qui ont été opposés à certains de mes choix méthodologiques, qui visaient à prendre en compte la voix des filles, m’amènent à interroger les effets de ce genre de contrainte institutionnalisée sur les recherches menées dans la perspective des Girls’ Studies. Mon propos soulignera les questionnements féministes que pose l’adoption, par un comité d’éthique de la recherche, d’un cadre réticent à reconnaître l’agentivité des filles.

Résumé du colloque

Ce colloque s’intéresse aux enjeux méthodologiques entourant les études sur le genre, les médias et la communication publique. Les recherches sur les rapports de pouvoir sexués, qui font référence à la bicatégorisation hiérarchisée des sexes et aux connotations qui leur sont associées, soulèvent de nombreuses questions ontologiques, épistémologiques et éthiques qui sont rarement abordées dans les études plus classiques en études des médias et en communication publique, notamment sur la nature même de la science et de la connaissance, sur la cohérence des points de repère théoriques et méthodologiques mobilisés, sur les rapports de pouvoir entre les chercheurs et chercheuses et leurs répondant.e.s. De même, les approches méthodologiques inductives, les outils de collecte de données et les méthodes d’analyse qui sont privilégiées en études féministes des médias et de la communication publique diffèrent souvent des approches dominantes dans ce champ d’étude, ce qui pose des défis particuliers aux étudiant.e.s des cycles supérieurs qui travaillent dans ces perspectives. Enfin, les rares recherches historiques sur le genre et les médias, ou les actuelles perspectives queer sur l’espace public, amènent les jeunes chercheurs ou chercheuses à poser des questions rarement abordées dans les recherches en communication, ce qui leur lance des défis méthodologiques costauds pour lesquels il existe encore peu de points de repère scientifiques, même en études féministes. Le colloque a comme objectif de créer un lieu de discussion entre candidat.e.s au doctorat et chercheuses débutantes et chevronnées qui permettra de nommer ces difficultés et enjeux, et de délier certains noeuds.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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