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Quelle place pour les rapports de pouvoir dans l’enseignement du féminisme?

SM

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Sabrina Moisan : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Comment les enseignants et enseignantes d’histoire abordent-ils les rapports de pouvoir entre les hommes et les femmes ? Comment expliquent-ils les transformations sociales à cet égard ? Cette communication présente les résultats d’une étude menée auprès de trois enseignants et enseignantes d’histoire et leurs élèves de deuxième secondaire lors de l’enseignement des mouvements de luttes féministes. L’objectif est de faire ressortir le récit du féminisme mis en place par les enseignants et les enseignantes, à travers le matériel proposé aux élèves et leur discours, et appris par les élèves. Les données qualitatives utilisées sont issues d’entrevues semi-dirigées, d’analyse du matériel pédagogique et d’observations en classe. Les résultats montrent qu’une grande cohérence existe entre les prescriptions ministérielles, les pratiques d’enseignement et ce que retiennent les élèves en termes de contenus notionnels. Le récit du féminisme occidental qui se dégage est générique et universalisant. Il se situe dans un cadre spatio-temporel flou dans lequel une trame téléologique centrée sur l’acquisition de droits politiques et juridiques fait du présent l’apogée de la lutte. Ce récit présente le féminisme comme une quête d’égalité, mais aussi, parfois, comme une lutte de pouvoir entre les hommes et les femmes. Le phénomène de la construction sociale du genre ne semble toutefois pas constituer un objet d’étude.

Résumé du colloque

Il existe une réelle volonté, partagée par des chercheurs et praticiens en éducation, de promouvoir une meilleure justice sociale par l’étude des inégalités. On souhaite préparer les élèves à agir sur le monde pour le rendre plus juste. Cette manière de penser l’école trouve sa source au sein des pédagogies critiques (Freire, 1974), antiracistes (Eckmann et Davolio, 2002) et féministes (Brunet et Demers, 2018). Les enseignants sont incités à traiter des relations de pouvoirs en classe, par l’entremise des notions de genre, de race, d’ethnicité, de langue, de classe et d’invalidité, pour ne nommer que celles-là, qui structurent la vie sociale. Mais il faut bien le constater, parler de ces thèmes cause de l’inconfort autant aux enseignants qu’aux élèves. Le présent symposium vise à mieux comprendre cet inconfort (Boler et Zembylas, 2003) en ciblant en particulier la classe d’histoire.

La classe d’histoire, souvent associée à la formation des futurs citoyens, est perçue comme un lieu naturel pour traiter des rapports de pouvoir à l’école. Les sujets ne manquent pas : esclavagisme, luttes féministes, exclusions historiques de groupes minorisés, etc. Mais ces sujets créent des inconforts. Certains enseignants craignent de paraître militants. On observe aussi des résistances à l’intégration de ces questions dans les curriculums (Scott et Gani, 2018). D’autres enseignants se sentent à l’aise d’analyser sous l’angle des perspectives (Seixas et Morton, 2012), mais préfèrent parfois les mettre sur un pied d’égalité, écartant par le fait même l’étude des hiérarchies et marginalisations sociales. On peut comprendre que plusieurs craignent de mettre en péril l’« espace sécuritaire » que constitue leur classe (Zembylas, 2015).

Il nous paraît fondamental de mieux documenter et théoriser cet inconfort pour ultimement l’anticiper, et agir. Ce symposium sera donc centré sur la problématique suivante : pourquoi cet inconfort, comment le comprendre et de quelle manière l’accueillir?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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