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Valérie Yanick : Université Laval
Cette communication propose d’explorer les enjeux éthiques de la recherche avec des personnes marginalisées. Les chercheur.e.s qui s’intéressent à des problématiques touchant des groupes minorisés dont ils ne font pas partie se doivent d’entamer une approche réflexive au regard de leur statut d’autorité au sein du processus de recherche. Cette démarche nécessaire soulève des considérations éthiques ainsi que des questionnements quant à la légitimité des personnes occupant une position sociale privilégiée à conduire ces recherches. La présentation reposera principalement sur mes préoccupations et dilemmes éthiques, en tant qu'étudiante-chercheuse cisgenre qui s’intéresse aux enjeux du numérique chez les personnes trans, dans le cadre de ma thèse doctorale. La littérature scientifique portant sur les enjeux méthodologiques en études féministes et en études trans est riche et offre plusieurs ressources pour appuyer une démarche de recherche réflexive et anti-oppressive. Les notions d’injustices épistémiques, de privilèges et de statut d’insider/outsider, entre autres, seront explorées pour répondre à cette question complexe : qui peut faire de la recherche sur les groupes minorisés ?
Ce colloque s’intéresse aux enjeux méthodologiques entourant les études sur le genre, les médias et la communication publique. Les recherches sur les rapports de pouvoir sexués, qui font référence à la bicatégorisation hiérarchisée des sexes et aux connotations qui leur sont associées, soulèvent de nombreuses questions ontologiques, épistémologiques et éthiques qui sont rarement abordées dans les études plus classiques en études des médias et en communication publique, notamment sur la nature même de la science et de la connaissance, sur la cohérence des points de repère théoriques et méthodologiques mobilisés, sur les rapports de pouvoir entre les chercheurs et chercheuses et leurs répondant.e.s. De même, les approches méthodologiques inductives, les outils de collecte de données et les méthodes d’analyse qui sont privilégiées en études féministes des médias et de la communication publique diffèrent souvent des approches dominantes dans ce champ d’étude, ce qui pose des défis particuliers aux étudiant.e.s des cycles supérieurs qui travaillent dans ces perspectives. Enfin, les rares recherches historiques sur le genre et les médias, ou les actuelles perspectives queer sur l’espace public, amènent les jeunes chercheurs ou chercheuses à poser des questions rarement abordées dans les recherches en communication, ce qui leur lance des défis méthodologiques costauds pour lesquels il existe encore peu de points de repère scientifiques, même en études féministes. Le colloque a comme objectif de créer un lieu de discussion entre candidat.e.s au doctorat et chercheuses débutantes et chevronnées qui permettra de nommer ces difficultés et enjeux, et de délier certains noeuds.