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Catherine Loisy : École Normale Supérieure de Lyon - Institut Français d'Éducation (IFÉ)
Cette communication aborde le récit comme instrument méthodologique d’enquête dans une recherche qui étudie le développement professionnel continu des enseignants (Loisy 2018b) défini à partir du concept de développement (Vygotski 1931). À cette fin, la Méthode trajectoire est élaborée à l’appui des récits de vie (Bertaux 1976) et du dessin du parcours, la métaphore routière pouvant soutenir la réflexivité sur le parcours (Corten-Gualtieri et al. 2010). La trajectoire produite est exprimée par une mise en mots (orale et écrite) et une représentation visuelle, à partir d’une grille d’entretien codifiée partant des moments de changement que le répondant identifie comme lui ayant permis de se transformer sur le plan professionnel (Loisy 2015).
Ces moments sont des unités (Vygotski 1931-1934) porteuses des caractéristiques du tout que constitue le développement. Les trajectoires recueillies sont analysées par le chercheur qui étudie ce que ces moments réfractent du rapport à l’expérience vécue du point de vue des processus de développement professionnel dans les milieux de travail (Loisy, 2018a). L’objectif de cette communication est une analyse méta-réflexive de la méthodologie. Après avoir explicité la passation et le cadre d’interprétation de la Méthode trajectoire, elle interrogera les enjeux épistémologiques, en particulier en quoi l’espace-temps socialement réglé et normé que constitue l’entretien peut être lui-même une situation potentielle de développement (Mayen, 1999).
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
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