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Représentations sociales et construction d’un problème public : Le cas des NEET

QG

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Quentin Guatieri : Université de Montréal

Résumé de la communication

La question des NEET, désignant les jeunes ni en emploi, ni en étude, ni en formation comme objet de recherche et enjeu de mise à l’agenda politique se pose particulièrement depuis une dizaine d’années (Cuzzocrea, 2014). La thématique de l’employabilité des jeunes étant à l’agenda des politiques publiques nationales et des instances supranationales dans le cadre de l’Union Européenne (Eurofound, 2016), l’émergence d’une jeunesse invisible aux yeux des catégories traditionnelles ont progressivement amené les pouvoirs publics à considérer la dichotomie chômage-emploi comme incomplète pour rendre compte des zones grises entre les deux situations (Furlong, 2007). La catégorie NEET a émergé dans un contexte d’inquiétude des pouvoirs publics quant à l’invisibilité d’une partie croissante de la jeunesse au sein des catégories statistiques traditionnelles renvoyant à une occupation sociale définie (Van de Velde, 2016). Dans ce contexte, la catégorie NEET a bénéficié d’une circulation internationale et elle est dorénavant largement intégrée en tant qu’indicateur dans les études portant sur les jeunes non-actifs (Cuzzocrea, 2014) et comme outil d’analyse pour les sociologues de la jeunesse (Chauvel, 2016). Les préoccupations institutionnelles et les représentations sociales se rejoignent-elles dans la formulation du problème NEET ? Qu’est-ce que la construction du « problème NEET » nous dit des injonctions formulées envers ces jeunes qualifiés avant tout par leurs manquements ?

Résumé du colloque

Les problèmes publics peuvent être liés à différents domaines de la société tels que l’écologie, la sécurité routière, etc. Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons plus spécialement aux problèmes publics du domaine social (par exemple : la pauvreté, la toxicomanie, l’itinérance, le chômage, la maltraitance des enfants, la violence faite aux femmes, le racisme, etc.) que nous proposons d’appeler ici problèmes sociaux.

De nombreux auteurs ont écrit sur la notion de problème social, ont proposé une définition, ont tenté de tracer les contours de la notion (par exemple Rezsohazy, 1980; Horton et Leslie, 1971; Manis, 1974). D’autres auteurs se sont plus spécifiquement arrêtés aux processus complexes qui transforment une situation en un problème social, dont Blumer ou encore Spector et Kitsuse. La construction d’un problème social fait depuis l’objet d’une multitude d’études, de colloques, de publications, etc. qui tentent d’en saisir les frontières conceptuelles et théoriques (Dorvil et Boucher-Guèvremont, 2014; Loseke, 2003; Dorvil et Mayer, 2001; Hacking, 1999). De grandes interrogations subsistent : qu’est-ce qui définit vraiment un problème social? Les conditions du problème? Sa gravité? Sa prévalence? Ou plutôt les individus et les groupes que ce problème touche? La société et sa façon de prendre en charge ou de répondre au problème?

À cet égard, peu d’études se sont penchées sur le rôle des représentations sociales dans ce processus de construction des problèmes sociaux. En effet, même si plusieurs recherches se sont intéressées à l’influence des représentations sociales dans le contexte de l’intervention (Castro et Batel, 2008; Jodelet, 2012; Negura, 2016), elles l’ont rarement fait dans une perspective plus large de construction et de définition collective des problèmes sociaux. Il s’agit là d’un élément de réflexion riche pour une meilleure compréhension des interventions sociales, par exemple de leurs limites, des difficultés qui sont rencontrées ou encore de la réalité des intervenants et intervenantes. Réflexion à laquelle ce colloque souhaite contribuer.

Ce colloque se propose ainsi d’offrir aux chercheurs qui emploient différentes approches théoriques dans l’étude des problèmes sociaux, et qui proviennent de divers champs disciplinaires, de se réunir et de réfléchir aux aspects théoriques et empiriques de la définition des problèmes sociaux comme objets de représentation. Ce colloque constitue aussi un espace d’échange sur la pertinence pratique de l’analyse des problèmes sociaux dans une perspective des représentations sociales et sur la richesse des regards que cette perspective apporte sur toute une variété de problèmes sociaux auxquels la société est amenée à se confronter.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
manager icon Responsables :
Nathalie Plante
Discutant-e- de la session : Quentin Guatieri Lorena Gil de Montes
section icon Date : 27 mai 2019

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