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Constance Denis : Université de Sherbrooke
Alors que 50 % des étudiants aux cycles supérieurs abandonnent leurs études, les auteurs s’accordent que l’isolement et la solitude représentent les problèmes le plus souvent rencontrés par les doctorants. L’article propose une réflexion autour de l’isolement des doctorants durant leur parcours aux cycles supérieurs qui se présente sous trois formes distinctes : isolement intellectuel, psychologique et social. La collaboration entre les pairs se propose donc comme solution pour contrer ce problème majeur touchant la persévérance aux cycles supérieurs. L’auteure narre son expérience de la collaboration entre les pairs afin de témoigner des bienfaits. Sous la forme d’une communauté de pratique utilisant les technologies mises à leur disposition par leur institution, les collègues du doctorant se sont rencontrés afin de briser la confusion autour des exigences et des attentes du doctorant tout en optimisant les interactions et la communication. Les bienfaits sont nombreux : soutien émotionnel, aide à la prise de recul lors de décisions importantes, reconnaissance des critères de qualité dans les écrits et apprentissage de la rédaction scientifique. Une initiative locale et une autre provinciale sont détaillées afin de noter l’importance de la collaboration durant un parcours au doctorat.
Depuis les années 1960, le Canada observe une hausse des inscriptions aux programmes de 2e et 3e cycles universitaires. Cependant, les données statistiques provenant du gouvernement du Canada indiquent un taux d’abandon se situant entre 30 et 50 %, autant à la maîtrise qu’au doctorat (Litalien et Guay, 2015). Plus particulièrement, le taux de diplomation dans les programmes de doctorat en sciences humaines et sociales, y compris l’éducation, se situe à 60 %, en moyenne (Tamburi, 2013). Or, de ces étudiants qui réussissent à obtenir leur diplôme, nombreux sont ceux qui dépassent les délais impartis par leurs programmes d’études (Denis et Lison, 2016). L’Association canadienne des études supérieures, par ailleurs, énumère plusieurs obstacles devant être surmontés tout au long du parcours doctoral, tels que le financement insuffisant, le manque de supervision constructive, la conception inadéquate des programmes, l’isolement universitaire, la portée trop large du sujet de thèse et le manque de préparation aux études supérieures des étudiants (2004). C’est ainsi que ce colloque portera sur les défis du parcours doctoral et ses solutions. À partir de leurs récits autobiographiques et des écrits relatifs au domaine, huit praticiennes-chercheures (Albert et Couture, 2013) en sciences de l’éducation partageront leur expériences respective du doctorat et les possibles solutions aux défis qu’elles ont rencontrés. Précisons que l’approche biographique désigne globalement « toutes les pratiques qui ont recours au récit de vie comme support pour explorer les parcours individuels ou l’histoire de collectifs professionnels, institutionnels ou communautaires » (Orofiamma, 2008, p. 5). Les pratiques favorisant la réussite du parcours doctoral seront abordées, non seulement au bénéfice des doctorants issus des sciences de l’éducation et des autres disciplines des sciences humaines et sociales, mais aussi à celui de leurs directeurs de thèse.