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Marie-Hélène Brunet : Université d'Ottawa
La présente communication s’intéresse à la littérature de jeunesse comme soutien à l’étude des constructions genrées en classe d’histoire et de français. À travers une recherche interdisciplinaire, nous cherchons à décloisonner l’étude des masculinités et des féminités dans des didactiques complémentaires. Nous présenterons d’abord les considérations théoriques soutenant nos analyses en mettant en exergue les concepts de masculinité hégémonique et d’agentivité historique. Ensuite, nous illustrerons nos propos en prenant appui sur deux romans jeunesse dont les trames narratives prennent racine dans des évènements marquants de la francophonie canadienne : la déportation des Acadiens et les Rébellions des Patriotes. Par le biais d’une analyse de contenu, nous voulons démontrer que les romans jeunesse peuvent faire ressortir des modèles variés de genre s’éloignant ainsi de la masculinité hégémonique, ce qui permet possiblement aux élèves de développer une meilleure compréhension de l’agentivité de différents groupes sociaux dans l’histoire. La communication se conclura par une invitation à discuter des questions suivantes : en quoi le roman historique pour la jeunesse s’avère-t-il un produit culturel susceptible de révéler les constructions genrées dans l’histoire? Dans quelles conditions peut-il être avantageux de s’en servir pour l’étude des constructions genrées en classe d’histoire et de français?
L’histoire occupe une grande place dans la fiction et les médias : les BD, chansons, jeux vidéo, films, musées, pièces de théâtre, reconstitutions, romans, séries télévisées ou voyages d’histoire, entre autres, s’en abreuvent. Ces créations alimentent les mémoires d’adultes et d’élèves, qui les consomment copieusement. Or, cet usage de l’histoire est une question sensible, comme l’a montré la réception réservée à SLĀV et à Kanata. Ce symposium s’intéresse aux défauts et qualités de cette histoire profane ainsi qu’aux façons de faire appel à elle à l’école pour que les élèves aiment et apprennent l’histoire.
Par leur réception, y compris lorsqu’elles font débat sur la place publique, ces œuvres révèlent parfois plus du monde dont elles sont issues ou de celui qui les reçoit que de celui qu’elles évoquent.
Comment les exploiter en classe pour que les élèves s’y intéressent, les comprennent, les analysent et les critiquent avec méthode, donc pour qu’ils posent de mieux en mieux certains actes mentaux qui doivent guider la pratique savante des historiennes et historiens universitaires, mais aussi des citoyennes et citoyens, même si ces interprétations du passé sont parfois bien différentes de celles produites par les chercheurs? L’école est-elle prête à aborder les sujets difficiles et controversés (censure, déboulonnage, révisionnisme, etc.)? Est-elle prête à outiller les élèves pour qu’ils deviennent des citoyennes et citoyens critiques, libres et solidaires?
Pour répondre à ces questions, ce symposium explore d’un point de vue multidisciplinaire les usages scolaires possibles et souhaitables d’œuvres qui n’ont pas été créées pour l’école, mais qui peuvent néanmoins servir pour faire apprendre l’histoire aux élèves.
Ce symposium creuse les questions de fond que cela soulève et présente l’état de la recherche à ce propos, mais aussi des activités d’enseignement qui peuvent inspirer les enseignants.
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