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Vivre l’histoire : les reconstitutions historiques et l’apprentissage de l’histoire

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Alexandre Lanoix : Université de Montréal

Résumé de la communication

Nous vivons à une époque où la commémoration est omniprésente et multiforme. Qu’elle se retrouve dans les lieux publics, dans les films, à la télévision ou dans les musées, la commémoration propose un lien intime avec le passé. Certaines formes de commémoration, comme les reconstitutions historiques (re-enactments) sont très immersives, autant pour les spectateurs que pour les participants.

Au carrefour de l’histoire – parce qu’elles sont le produit d’une recherche rigoureuse – et de la mémoire – parce qu’elles se déroulent dans une perspective résolument mémorielle – les reconstitutions historiques proposent un rapport complexe au passé. Aussi rigoureux qu’ils soient, les participants à ces évènements portent souvent leur attention sur des détails très précis, comme la couleur des uniformes des soldats. Dans cet univers, le souci du détail – plus que la profondeur ou la pertinence du questionnement historique – fait souvent foi de tout.

La communication propose une exploration des implications pédagogiques et didactiques de l’utilisation des reconstitutions historiques comme moyen d’enseignement. Ce dispositif, que de plus en plus d’éducateurs proposent d’utiliser, mérite d’être remis en question parce qu’il peut stimuler le questionnement et la formulation de problèmes historiques pertinents comme il peut diriger les élèves vers une représentation étroite de l’Histoire.

Résumé du colloque

L’histoire occupe une grande place dans la fiction et les médias : les BD, chansons, jeux vidéo, films, musées, pièces de théâtre, reconstitutions, romans, séries télévisées ou voyages d’histoire, entre autres, s’en abreuvent. Ces créations alimentent les mémoires d’adultes et d’élèves, qui les consomment copieusement. Or, cet usage de l’histoire est une question sensible, comme l’a montré la réception réservée à SLĀV et à Kanata. Ce symposium s’intéresse aux défauts et qualités de cette histoire profane ainsi qu’aux façons de faire appel à elle à l’école pour que les élèves aiment et apprennent l’histoire.

Par leur réception, y compris lorsqu’elles font débat sur la place publique, ces œuvres révèlent parfois plus du monde dont elles sont issues ou de celui qui les reçoit que de celui qu’elles évoquent.

Comment les exploiter en classe pour que les élèves s’y intéressent, les comprennent, les analysent et les critiquent avec méthode, donc pour qu’ils posent de mieux en mieux certains actes mentaux qui doivent guider la pratique savante des historiennes et historiens universitaires, mais aussi des citoyennes et citoyens, même si ces interprétations du passé sont parfois bien différentes de celles produites par les chercheurs? L’école est-elle prête à aborder les sujets difficiles et controversés (censure, déboulonnage, révisionnisme, etc.)? Est-elle prête à outiller les élèves pour qu’ils deviennent des citoyennes et citoyens critiques, libres et solidaires?

Pour répondre à ces questions, ce symposium explore d’un point de vue multidisciplinaire les usages scolaires possibles et souhaitables d’œuvres qui n’ont pas été créées pour l’école, mais qui peuvent néanmoins servir pour faire apprendre l’histoire aux élèves.

Ce symposium creuse les questions de fond que cela soulève et présente l’état de la recherche à ce propos, mais aussi des activités d’enseignement qui peuvent inspirer les enseignants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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