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Gabriela Portela : Institut syndical européen
Le département éducation De L’ETUI (European Trade union Institute) conçoit et organise des activités de formation qui renforcent le développement de compétences et soutiennent l’intégration du mouvement syndical européen. Un des parcours de formations mené par le département est la formation des Euro-formateurs. Ce parcours permet de relier le lieu de travail, des expériences personnelles et des compétences acquises ou développées dans différents champs d’apprentissage informels et formels. Il valorise les acquis transversaux liés au parcours de chaque apprenant dans lesquels il y a mobilisation de compétences multiples : professionnelles, sociales, parfois académiques, cognitives et affectives, entre autres. Un processus d’accréditation des compétences en partenariat avec l’université de Lille, en France, valide les apprentissages acquis lors d’expériences passées et permet l’obtention d’une équivalence au niveau 6 en Sciences de l’éducation. Pour l’analyse du processus de construction et de développement des compétences des Euro-formateurs, la présente communication se base sur l’analyse du portfolio comme outil de gestion éducative ainsi que sur les résultats de l’analyse réflexive menée par les apprenants sur leurs propres pratiques professionnelles ainsi que sur le processus de formalisation des connaissances dans le cadre de l’accréditation.
Problématique
L’usage qu’on peut faire de l’approche par compétences n’est pas indépendant du contexte ni de la notion de compétence elle-même. En effet, ce concept est adopté dans de nombreux domaines : linguistique, technologie éducative, psychologie cognitive, entreprise, sociologie, sociologie du travail, didactique professionnelle et formation des adultes, ergonomie, éducation de base, contexte scolaire, etc. Les vocables qu’elle mobilise sont foisonnants : compétences professionnelles, sociales, transversales, de base, académiques, disciplinaires, scolaires, cognitives, affectives, etc. Ce foisonnement n’est pas neutre. Il témoigne d’enjeux forts dans les rapports sociaux, entre employeurs et employés, entre gestionnaires des ressources humaines et les organismes syndicaux et professionnels, entre formateurs et stagiaires, enseignants et élèves.
Le colloque vise à réunir des communications sur la base de résultats empiriques, de réflexions théoriques ou d’expériences professionnelles. Trois axes seront privilégiés :
– Un axe sémantique visant à interroger le sens et la signification du terme de compétence au regard d’autres termes auxquels il peut être associé ou opposé. Il s’agit notamment de s’interroger sur les glissements sémantiques constatés entre qualification, capacité, compétence, employabilité.
– Un axe relatif aux processus d’acquisition des compétences dans leur pluralité : situation de travail, formation professionnelle, apprentissage informel. Seront également discutés les processus d’évaluation et de transfert des compétences, les démarches de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience.
– Un axe sociopolitique interrogeant les contextes d’émergences de l’approche par les compétences ainsi que les usages sociaux qui en sont faits. Il s’agit notamment d’interroger les enjeux et la portée qui sous-tendent le foisonnement de l’approche par les compétences ainsi que les limites pour ne pas dire les perversions qu’elle peut engendrer.
Pertinence
Le débat sur la notion de compétence montre qu’il n’existe pas une, mais plusieurs façons d’opérationnaliser ce concept. Deux enjeux principaux sous-tendent le colloque. Il s’agit tout d’abord de réunir des chercheurs et des praticiens de différents pays pour partager les résultats de leurs recherches et de leur pratique professionnelle d’accompagnement en la matière. Il s’agit ensuite d’interroger la pertinence de l’approche par les compétences au regard des enjeux sociaux, professionnels et personnels des différents acteurs que cette approche mobilise.
L’organisation du colloque est envisagée sur une durée de deux journées structurées en quatre séances d’une demi-journée chacune. Chaque séance contiendra trois communications d’une heure avec 40 minutes d’exposé et 20 minutes de débats.
Une conférence introductive sera donnée par le professeur Maurice Tardif (Université de Montréal) et sera ouverte au-delà des participants au colloque.
Titre du colloque :