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Chantal Dionne : Accueil Intégration Bas Saint-Laurent
Dans cette communication, je souhaite faire un retour réflexif sur ma pratique de coordonnatrice auprès des personnes réfugiées à Rimouski, plus précisément au sein de l’organisme « Accueil et intégration bas Saint-Laurent (AIBSL) ». Rappelons que c’est seulement au mois de janvier 2017 que Rimouski a été nommée 14e ville d’accueil des personnes réfugiées prises en charge par l’État. Rimouski devra donc accueillir 200 personnes réfugiées prises en charge par l’État entre le premier janvier 2017 et le 30 juin 2019. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a donné le mandat et les moyens à AIBSL, son partenaire privilégié en région, d’accueillir et de faciliter l’installation des personnes réfugiées ou protégées à titre humanitaire outre-frontières et de les aider à s’adapter à leur nouvel environnement et à mieux comprendre le fonctionnement de la société québécoise de manière à ce qu’elles puissent s’y épanouir et y participer pleinement. Pour s’acquitter de sa mission, AIBSL travaille intensément à conjuguer les directives du MIDI et les réels besoins des personnes réfugiées. Pour ce faire, une concertation efficace et un partenariat viable avec les différents organismes partenaires du milieu semblent indispensables, mais complexes. Nous souhaitons revenir dans le cadre de cette contribution sur nos pratiques gagnantes et sur les différentes défis et enjeux que nous rencontrons.
Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.
Titre du colloque :