Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Jean-Jacques Defert : Saint Mary's University
La réflexion proposée dans cette communication fait suite à un travail extensif de revue critique de la littérature sur le service communautaire international (International Service Learning). L’idée est de transposer les enseignements produits par les études portant sur l’évaluation des programmes d’échange à l’étranger intégrant une composante communautaire pour la mise en place de programmes similaires pour les étudiants internationaux dans les universités anglophones et francophones canadiennes. Le service communautaire étant reconnu comme un «ensemble de pratiques éducatives à fort impact» (Kuh,2008;2009) sous certaines conditions, nous proposerons un tour d’horizon des différents formats de service communautaire à l’international existants, nous reviendrons sur les défis spécifiques de ce modèle et nous concentrerons notre réflexion sur les objectifs d’apprentissage ainsi que les stratégies d’enseignement appropriées pour les programmes orientés sur l’apprentissage d’une deuxième langue. Plusieurs chercheurs ont relevé le potentiel d’une telle approche (Kehl & Morris, 2007-2008; Lewis & Niesenbaum, 2005; Parker & Altman Dautoff,2007; Stebleton, Soria & Cherney,2013; Wessel,2007). En mettant la langue au centre du dispositif d’apprentissage, nous mettrons l’emphase sur l’importance du développement de la compétence pragmatique de la langue et l’acquisition de savoirs culturels visant à une meilleure intégration des étudiants internationaux dans la communauté d’accueil.
Ce colloque de l’ÉDIQ (Équipe de recherche en partenariat sur la diversité culturelle et l’immigration dans la région de Québec, www.ediq.ulaval.ca) examine les interactions complexes qui s’établissent entre les institutions en tant que systèmes d’organisation ayant des valeurs, des règles et des pratiques, et la population québécoise, qui est marquée par une diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante. L’angle privilégié pour appréhender ces interactions est celui des stratégies mises en œuvre, à la fois par les institutions et par les individus, pour favoriser l’accueil et l’insertion des immigrants qui s’établissent dans les régions du Québec. D’une part, les études montrent l’existence de lacunes au sein des institutions et des structures locales responsables de l’accueil et du soutien à l’insertion professionnelle et sociale des nouveaux arrivants, et ce, malgré les politiques gouvernementales mises en œuvre et les ressources investies par certains milieux (Arsenault et Giroux, 2009; Vatz Laaroussi, Bernier et Guilbert, 2013). D’autre part, il appert que les projets individuels et familiaux dont les immigrants sont porteurs servent d’assises à l’élaboration de stratégies (partage de savoirs, d’informations, entraide dans les réseaux informels, retour aux études) visant à favoriser leur processus d’adaptation et d’insertion au sein de leur localité d’accueil (Guilbert, 2010; Vatz Laaroussi, 2009). Il s’avère pertinent de porter un regard transversal et multidisciplinaire sur la trajectoire migratoire des individus afin de mieux comprendre les logiques et les aspirations qui sous-tendent leurs projets ainsi que pour dresser la liste des obstacles et des appuis qu’ils rencontrent tout au long de leur parcours. Enfin, ces visées s’inscrivent dans une problématique plus large, soit celle de l’étude des interactions entre les institutions et les différents groupes qui composent la population, afin de mieux comprendre quels sont les nombreux facteurs qui influencent le rapport à l’autre, que celui-ci soit un Québécois natif ou issu de l’immigration. Ce colloque comporte quatre objectifs : 1) porter un regard multidisciplinaire sur les interactions qui se développent entre les institutions et la population dans les régions du Québec, notamment en matière d’accueil et d’accompagnement des immigrants; 2) favoriser le partage et la mobilisation des connaissances entre les chercheurs universitaires, les professionnels de l’intervention et les acteurs de terrain qui interagissent quotidiennement avec les immigrants et les réfugiés; 3) créer et consolider des liens entre chercheurs et partenaires de première ligne pouvant mener à l’élaboration de nouvelles collaborations et projets de recherche; et 4) formuler des recommandations visant l’élaboration de politiques sociales, de pratiques d’intervention et de services qui sont en adéquation avec les besoins spécifiques et changeants de cette population.
Titre du colloque :