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Diane Alalouf-Hall : UQAM - Université du Québec à Montréal
Malgré un historique chargé en interventions post catastrophes et les apprentissages réalisés, certaines gestions ayant subi des événements catastrophes réussissent bien à passer cette épreuve (Japon 2011), alors que d’autres présentent des ratés importants (Katrina aux États-Unis, 2005) et que certaines sont connaissent des échecs (Haïti 2010). Dans ce contexte, nous mobilisons le paradigme de la perspective territoriale pour aborder la problématique de la vulnérabilité et de la résilience face aux catastrophes naturelles. Cette approche met moins l’accent sur l’état dans lequel se trouvent les personnes concernées par un événement que sur les processus qui provoquent cet état.
Les notions de causalité territorio-développementale et de responsabilité des acteurs impliqués fournissent un contexte propice à une bonne ou à une moins bonne application des procédures entre les institutions locales et celles situées à l’international. Ces facteurs joueraient un rôle clé dans la capacité de résilience aux catastrophes naturelles.
À des fins démonstratives, nous aborderons la municipalité de Kamaishi frappée par le Grand Tohoku en 2011. Cette étude de cas permettra de documenter le travail réflexif sur l’implantation de mesures post-catastrophes par la municipalité, un centre de recherche et le corps enseignant local. La réflexivité post-catastrophe et l’effort de codification par les acteurs concernés ont permis de bonifier très positivement les mesures de prévention.
Devant le nombre de crises comme les catastrophes naturelles, les pannes d’infrastructures essentielles, les risques de pandémie et les attaques terroristes, l’adoption de politiques publiques sur la résilience semble une solution prometteuse. Cette solution est préconisée par la Stratégie internationale de prévention des catastrophes de l’ONU, l’Accord de Paris sur le climat, des initiatives philanthropiques comme le 100 Resilience Cities de la Fondation Rockefeller, la politique québécoise en matière de sécurité civile de 2014 ainsi que des politiques et des stratégies municipales comme celle adoptée par Montréal en 2018.
La mise en oeuvre des premières politiques en matière de résilience se bute toutefois à plusieurs défis. D’abord, le concept de « résilience » pose un défi particulier en matière de compréhension et de diffusion auprès des acteurs concernés, car il englobe une grande variété d’actions, de l’adaptation proactive aux risques, à la préparation, à l’intervention et au rétablissement postévénement. De plus, la mise en œuvre de la résilience nécessite de nouveaux modes de gouvernance avec un cloisonnement des spécialisations, une gestion horizontale des problèmes pernicieux et la mise en place de réseaux avec des organisations publiques et privées provenant de plusieurs juridictions. Jusqu’à présent, les premières études empiriques ont soulevé des obstacles tels que la négligence des problèmes sociaux et économiques pour le développement de la résilience, la persistance des solutions proposées précédemment, les limites imposées par les valeurs et les principes de l’administration publique, la sous-estimation des compromis à réaliser par les parties prenantes et les divergences de perceptions entre professionnels des différentes directions. Comment ces défis peuvent-ils être surmontés? Ce colloque propose d’aborder ces enjeux par le design, la mise en oeuvre et la gouverne de politiques publiques de résilience.
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