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Au-delà de l’abolition des CRÉ : le rôle des actrices du terrain dans la restructuration de la gouvernance en développement social. Une étude de cas.

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Nathalie St-Amour : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

En évoquant la nécessité de remettre de l’ordre dans les finances publiques, le gouvernement Couillard a créé en 2014-2015 une onde de choc en modifiant le paysage institutionnel dans lequel évoluait les acteurs habitués de se concerter autour des enjeux reliés au développement régional. Ces transformations, notamment l’abolition des CRÉ, ont soulevé maintes inquiétudes dont celle de perdre des expertises développées au cours des quarante dernières années (Belley, 2014; Fortin et Brassard, 2015). Or, l’analyse en cours du processus de restructuration du développement social en Outaouais semble plutôt montrer que ces pratiques et cette expertise de concertation ont permis le développement d’un réseau d’actrices qui, malgré l’abolition des CRÉ, ou même en raison de celle-ci, a pris en charge l’organisation de la gouvernance du développement social de leur région. Cette démarche davantage « bottom up » n’est toutefois pas sans défi et se bute à des éléments structuraux et à des enjeux de pouvoir qui seront brièvement abordés.

Résumé du colloque

L’année 2014-2015 est un moment charnière pour le développement social au Québec. Happées par les vents transformateurs du gouvernement, les démarches régionales de développement social doivent dorénavant composer avec les conséquences de la « nouvelle gouvernance municipale en matière de développement local et régional » qui entraîne l’abolition de plusieurs instances régionales, dont les CRÉ, qui constituaient des lieux importants pour les acteurs et projets liés au développement social (Richard, Bourque et Lachapelle, 2017). Paradoxalement, cette décentralisation des pouvoirs publics vers les régions est assortie d’une « hypercentalisation » dans le secteur de la santé. La fusion des établissements et la nécessité d’organiser les services à l’échelle de la région permettent difficilement de prendre en considération les réalités des collectivités locales (Bourque et Lachapelle, 2018). Ce qui retient aussi l’attention, c’est la rupture du dialogue social, cher au « modèle québécois » de développement. Sous l’ère d’austérité du gouvernement, le transfert des responsabilités du développement local et régional aux MRC et la perte d’ancrages institutionnels mettent à mal les modes de démocratie participative. Le colloque vise à réunir des acteurs du développement social de différentes régions du Québec afin de faire un état des lieux à la lumière de ces restructurations. Transformation de l’État social et processus de décentralisation : quelles responsabilités à partager? Enjeux et défis liés à la gestion des problèmes sociaux par les gouvernements de proximité. Enjeux démocratiques : participation citoyenne et représentation.

Bourque, D. et R. Lachapelle (2018). « Les ravages de la réforme Barrette », Relations, vol. 798, no 20-21.

Richard, J., D. Bourque et R. Lachapelle (2017). Impacts de la transformation des politiques publiques sur le développement des territoires, Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire, cahier 17-03.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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