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Sara Mathieu-C. : Université de Montréal
Si les ouvrages de « self-help académique » se multiplient, c’est notamment parce que les enjeux de performance et l’intégration au monde académiques sont réels et concernent un nombre important d’étudiant.e.s. Dans le cadre des activités de Thèsez-vous, j’ai rencontré beaucoup de ces étudiant.e.s avec qui je partage préoccupations, constats, questionnements à l’égard des dynamiques et des logiques qui guident nos parcours universitaires. De façon informelle et intuitive, je propose de partager quatre logiques dégagées au fil de ces discussions: (1) En faire toujours plus : une logique d’accumulation; (2) Se démarquer : une logique de compétition; (3) S’épanouir avec passion : une logique d’invisibilité de la tâche; (4) Augmenter sa valeur : une logique utilitariste. C’est face à ces logiques que les étudiant.e.s deviennent la cible de discours dominant: la réussite est possible, elle est en vous, il faut simplement améliorer la gestion de vos ressources. Sous le couvert d’une approche proactive et positive, l’étudiant.e devient entrepreneur.e de sa réussite. Mon hypothèse, soit celle qui guide les activités de Thèsez-vous, est divergente : une partie de la solution se trouve plutôt dans la mise en place de zones de convergence entre les recommandations pragmatiques pour survivre à la pression quotidienne et les invitations à réfléchir et proposer collectivement des alternatives aux modalités d’études, de rédaction, de recherche et de publication.
Le parachèvement d’une maîtrise, d’un doctorat ou d’un postdoctorat est un défi ambitieux dont les exigences dépassent largement les compétences et notions disciplinaires qui sont au cœur de cette démarche universitaire d’envergure. Un sondage mené auprès des étudiants-chercheurs qui ont participé à l’édition 2018 des Journées de la relève en recherche de l’Acfas révèle les principales préoccupations suivantes : exigences de performance, notamment en publication; recherche d’emploi et insertion professionnelle; précarité financière et durée des études; présence dans la sphère publique; pertinence de publier et de communiquer en français; sentiment d’isolement professionnel; gestion de problèmes personnels (santé mentale, harcèlement, etc.).
Bien qu’on ne puisse conclure à une quelconque représentativité à partir des résultats de ce sondage, ceux-ci rejoignent néanmoins des réflexions menées dans d’autres contextes, par exemple les travaux de l’Association des doyens des études supérieures au Québec (ADÉSAQ) et ceux du Comité intersectoriel étudiant (CIÉ) des Fonds de recherche du Québec. En 2016, le CIÉ a soumis une vingtaine de recommandations au scientifique en chef du Québec eu égard au soutien de la relève en recherche. Ces propositions sont de quatre ordres : l’excellence, l’accessibilité, le rayonnement ainsi que la gouvernance et la facilitation de la recherche.
Notre colloque veut offrir une tribune collective qui permettra de réfléchir, de discuter et de dégager des pistes d’action qui contribueront au soutien de la relève en recherche. Celle-ci représente un socle crucial du développement sociétal, lequel s’appuie de plus en plus sur le savoir et la recherche.
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