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Andre Mineau : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Le but de cette communication est de réfléchir sur les origines du populisme, dans le contexte de la Russie en particulier, pour mettre en lumière les liens qui relient le populisme aux grands courants idéologiques dont nous sommes aujourd’hui les héritiers. Il s’agira de jeter un peu d’éclairage sur les relations entre le libéralisme, la philosophie des Lumières et les populismes de gauche, au tournant du XXe siècle.
L’enjeu consiste en fait à retrouver les sources du populisme moderne, dans ce contexte particulier qui, au siècle des Lumières, a créé les conditions qui ont permis l’entrée du peuple en politique. On verra en même temps comment ce processus a été dévoyé, tout au long du XIXe siècle, par les changements sociaux issus eux-mêmes des bouleversements économiques de l’ère industrielle. On arrive ainsi à la formation d’un premier populisme de l’époque contemporaine qui, à l’origine, ne pouvait être qualifié par rapport aux catégories de droite ou de gauche. On centrera l’analyse sur un cas de figure, à savoir la pensée révolutionnaire en Russie, justement parce qu’elle a situé le populisme dans la perspective de changements socio-politiques qui visaient le progrès des masses.
On pourra voir en conclusion les rapports et les similitudes, le cas échéant, avec l’époque actuelle.
Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.
La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.