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« Blason du Miroir (ou miroir du blason ?) »

NF

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Nancy Frelick : University of British Columbia

Résumé de la communication

Selon Bérénice Le Marchand, le blason anatomique, issu de l’héraldique et du dit médiéval, mais mis en vogue par Clément Marot à la Renaissance, présenterait une vision fragmentée du corps féminin, analysé à la loupe ou par le biais des petits miroirs convexes disponibles au seizième siècle, qui ne pouvaient offrir qu’une vue partielle du corps. Selon une optique plotinienne, ce morcellement, ce « style mosaïque », contribuerait non seulement à divers effets spéculaires mais aussi, paradoxalement, à l’unité et à l’harmonie de la représentation.

Le blason, influencé par l’hiéroglyphe, s’apparente aussi au genre de l’emblème, qui fait son apparence vers le même moment et qui lie texte et image. Les gravures qui se trouvent dans certaines éditions des blasons semblent renforcer cette parenté, ainsi que les aspects visuels du genre. Toutefois, il est intéressant de noter que même si certains blasonneurs soulignent la dimension visuelle à travers leurs descriptions, d’autres s’intéressent plutôt à des objets partiels (la voix, le soupir) ou à des qualités abstraites (l’honneur, la grâce), qui ne peuvent être captés dans un miroir ou un portrait.

Dans cette communication, nous nous pencherons sur les problèmes de définition du genre ainsi que sur le rôle du miroir dans les blasons. Nous examinerons tout particulièrement les blasons qui louent le miroir – et son analogue, le portrait – pour explorer la rivalité entre la poésie et les arts visuels dans ce genre épidictique.

Résumé du colloque

Au Québec, les études de généricité (gender studies) en littérature française se sont beaucoup développées et transformées depuis leur émergence dans les années 1980. En effet, on assiste à des changements de paradigme importants sur le plan théorique; les problématiques liées à la construction de la féminité et de la masculinité ne sont plus désormais pensées en termes d’oppositions binaires (féminin-masculin), mais sont envisagées selon un spectre analogique de degrés plus ou moins prononcés au regard d’un pôle ou de l’autre. Les travaux menés au cours des dernières décennies ont donc soulevé de nouveaux enjeux relatifs aux prises de parole des femmes, notamment sous l’Ancien Régime. Par exemple, les phénomènes de ventriloquie textuelle où des hommes font parler des femmes et où des femmes font parler des hommes suscitent des interrogations quant à la notion d’écriture féminine ou de parole féminine et mettent en cause le caractère essentialiste de ces notions. Or, le professeur Jean-Philippe Beaulieu, de l’Université de Montréal, a été l’un des premiers chercheurs francophones à avoir au Québec formulé ces nouvelles questions et exploré des corpus jusque-là négligés. Non seulement il a choisi de travailler sur les écrits inédits d’une femme du XVIe siècle, Hélisenne de Crenne, ce qui à la fin des années 1980 était un geste novateur pour l’époque, mais il a aussi coorganisé en 1992 le premier colloque international exclusivement consacré aux femmes écrivains de l’Ancien Régime. Cette première rencontre savante a été suivie de plusieurs autres. Tout au long de sa carrière, J.-P. Beaulieu a privilégié des sujets à l’avant-garde de la recherche dans le domaine des écrits de femmes et il est maintenant reconnu sur la scène internationale comme LE spécialiste des écrits d’Hélisenne de Crenne. Nous souhaitons profiter de son départ à la retraite pour faire le point sur les études dont il a été un précurseur et qui empruntent aujourd’hui des avenues diversifiées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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