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Patricia Guerrero : Université
L’objectif de cette communication est de partager les analyses de l'équipe de recherche clinique socioéducative de la Faculté d'éducation de la PUC sur des travaux dans les écoles à partir de cliniques de travail et de sociologie clinique qui collaborent à la construction de projets de changement et d'agentivité. Nous présenterons et discuterons le dispositif de Cartographie développé dans le cadre de nos recherches, lequel comprend une analyse de rôle, la construction de trajectoires individuelles et histoires de vie, un travail théâtral (organidrame) et se termine par la construction de projets d'amélioration individuels et collectifs. Pour comprendre le potentiel de changement de ce dispositif, la notion d'agentivité, prise d'un point de vue écologique, sera mobilisée. Nous montrerons comment penser à un changement devient possible si sa propre histoire est élaborée à la lumière des transformations sociales, si nous pensons ensemble notre réalité complexe et faisons des projections pour l'avenir que nous voulons construire. Le dispositif est inspiré de Deleuze et sa notion de «rhizome» puisqu’il fonctionne selon différents axes. Nous travaillons sur le passé, présent et futur, de manière corporelle et artistique (image, danse, photo), en distinguant les émotions, les cognitions qui apparaissent dans les trajectoires et les espaces, et en essayant d’articuler également le psychologique et social.
Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?
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