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Myreille St-Onge : Université Laval
La population qualifiée jadis de « clientèle émergente », c’est-à-dire ceux et celles qui ont un trouble d’apprentissage ou un trouble mental représentent dorénavant la majorité des étudiants recevant des mesures d’accommodements de la part des centres d’aide universitaires (AQICESH, 2018). Si on convient que ces mesures sont appropriées dans le cadre des cours réguliers d’un programme, qu’en est-il lorsqu’il est question de réaliser un stage, comme c’est le cas dans les programmes menant à une pratique professionnelle comme le travail social? Plusieurs inquiétudes sont soulevées par les divers acteurs reliés à la formation pratique. En appui de mon expérience à la direction du programme de baccalauréat en travail social, j’ai eu à transiger avec plusieurs situations où des étudiants se sont retrouvés en situation de handicap à la suite de l’abandon de leur stage. Cette présentation fait état d’une analyse de situations basée sur un cadre de référence intégrant deux modèles écosystémiques (Picard et St-Onge, 2016) : le modèle de développement humain et du processus de production du handicap (Fougeyrollas, 2010, Fougeyrollas et al., 2018) et le modèle bioécologique du développement humain de Bronfenbrenner et Morris (2006). Je conclurai sur des actions à adopter pour permettre à ces étudiantes et étudiants non seulement de réussir cette étape de leur formation, mais aspirer à pratiquer la profession du travail social en toute légitimité.
Les établissements postsecondaires connaissent une hausse importante des étudiants en situation de handicap (ESH) (812 % en 10 ans, AQICESH, 2018), ce qui crée une pression sur l’ensemble des acteurs concernés par la formation théorique et pratique. Les enjeux les plus fréquemment soulevés par le personnel enseignant en contexte postsecondaire à l’égard des ESH concernent l’équité envers les autres étudiants, le jugement évaluatif (atteinte des objectifs et valeur du diplôme) et, surtout, le travail additionnel requis par ceux qui les accompagnent pour leur offrir un étayage à la fois éthiquement responsable et efficace afin qu’ils acquièrent les savoirs et les compétences propres à assurer leur avenir personnel, professionnel et social (Ducharme, Montminy, 2012; Anderson, 2012). Ainsi, peu importe les contextes de formation, professeurs, formateurs universitaires et de terrain composent avec la tâche d’accompagner ces étudiants à pallier les défis et enjeux rencontrés (McWaine, 2012; Philion et al., 2016). Au-delà des accommodements pouvant leur être offerts, ces différents acteurs tentent de déterminer quel accompagnement peut être mis en œuvre pour contribuer à leur apprentissage. Or, les écrits proposent une multitude de définitions de l’accompagnement, ce qui s’explique sans doute par la complexité de chaque situation (Boucenna, 2014). Cette complexité résulte du fait que chaque accompagnement s’inscrit dans un contexte culturel et éthique précis et met en interaction des acteurs qui, selon leurs savoirs et expériences singulières, auront des représentations différentes de leurs rôles et fonctions (Vivegnis, 2018). Qu’il s’agisse d’enjeux individuels, sociaux ou éthiques, ce colloque vise à permettre aux différents chercheurs et praticiens, de divers champs disciplinaires, de partager l’avancée de leurs travaux scientifiques et de leur réflexion sur l’accompagnement pouvant être offert aux ESH, en lien avec les cours ou la formation pratique en stage.
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