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Contraintes et résistances face à l’implantation d’un outil d’intelligence artificielle en milieu hospitalier

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Cécile Petitgand : Data Lama

Résumé de la communication

Les outils d’intelligence artificielle sont aujourd’hui présentés comme de nouveaux leviers pour améliorer l’effectivité et la sécurité des soins, en assistant les professionnels de santé dans le processus de décision clinique (diagnostic et traitement). Si les études sont de plus en plus nombreuses à démontrer la performance clinique de ces outils, peu de connaissances sont disponibles sur la manière dont ils modifient effectivement les pratiques de soin. A cette fin, nous nous sommes intéressés au processus d’implantation d’un outil d’aide au diagnostic de nature algorithmique au sein du département d’urgence d’un hôpital du Québec. A travers une série d’entrevues avec les concepteurs de l’outil, ses utilisateurs (médecins urgentologues), des gestionnaires et le personnel médical impliqué dans l’implantation (infirmières et commis), nous avons cherché à cerner la vision de ces différents acteurs sur la fonctionnalité de l’outil ainsi que ses effets sur la trajectoire des patients, l’organisation des soins et les pratiques cliniques. Notre recherche met en évidence les nouvelles contraintes imposées par cet outil sur le personnel médical, qui peine finalement à lui attribuer les bénéfices mis en avant par ses concepteurs. Nous mettons aussi à jour les diverses formes de résistance déployées par les professionnels pour tenter de contrecarrer, ou du moins de diminuer, le poids de ces nouvelles impositions, de façon à conquérir plus d’autonomie dans leur travail.

Résumé du colloque

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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