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Gaëtan Chevalier : Université de technologie de Troyes
Les changements qui accompagnent nos sociétés, qu’ils soient d’ordre sociologique ou plus globaux tel que le réchauffement climatique, génèrent un questionnement sur l’évolution des organisations. La résilience et les systèmes de réponse opérationnelle et de gestion des crises sont impliqués dans cette considération.
D’une part, la marche du progrès pousse à s’intéresser aux systèmes innovants et aux nouvelles technologies. Certaines, identifiées comme étant « de rupture », viendraient en remplacement des anciens usages améliorer les systèmes actuels. L’objectif étant de mettre à profit les adaptations induites dans un processus d’amélioration de la performance des secours.
D’autre part, le concept de rupture technologique doit interroger sur la capacité pour un système donné à supporter une évolution technologique majeure. En effet, si l’on peut qualifier de technologie de rupture, une technologie qui efface la précédente de manière irréversible, peut-on considérer comme en rupture technologique la technologie qui dépasserai la capacité d’adaptation du système dans lequel elle s’intègre ? De l’abandon des usages, à l’absence d’acceptabilité sociale ou encore une désorganisation structurelle face au changement ?
De l’expression d’une doctrine opérationnelle à l’aide à la prise de décisions, ces technologies paraissent devenir indispensables dans un proche avenir. Il s’agit pour le décideur politique de répondre à un enjeu stratégique dont la clé semble être l’anticipation.
Devant le nombre de crises comme les catastrophes naturelles, les pannes d’infrastructures essentielles, les risques de pandémie et les attaques terroristes, l’adoption de politiques publiques sur la résilience semble une solution prometteuse. Cette solution est préconisée par la Stratégie internationale de prévention des catastrophes de l’ONU, l’Accord de Paris sur le climat, des initiatives philanthropiques comme le 100 Resilience Cities de la Fondation Rockefeller, la politique québécoise en matière de sécurité civile de 2014 ainsi que des politiques et des stratégies municipales comme celle adoptée par Montréal en 2018.
La mise en oeuvre des premières politiques en matière de résilience se bute toutefois à plusieurs défis. D’abord, le concept de « résilience » pose un défi particulier en matière de compréhension et de diffusion auprès des acteurs concernés, car il englobe une grande variété d’actions, de l’adaptation proactive aux risques, à la préparation, à l’intervention et au rétablissement postévénement. De plus, la mise en œuvre de la résilience nécessite de nouveaux modes de gouvernance avec un cloisonnement des spécialisations, une gestion horizontale des problèmes pernicieux et la mise en place de réseaux avec des organisations publiques et privées provenant de plusieurs juridictions. Jusqu’à présent, les premières études empiriques ont soulevé des obstacles tels que la négligence des problèmes sociaux et économiques pour le développement de la résilience, la persistance des solutions proposées précédemment, les limites imposées par les valeurs et les principes de l’administration publique, la sous-estimation des compromis à réaliser par les parties prenantes et les divergences de perceptions entre professionnels des différentes directions. Comment ces défis peuvent-ils être surmontés? Ce colloque propose d’aborder ces enjeux par le design, la mise en oeuvre et la gouverne de politiques publiques de résilience.
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