Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Stefan Ioan Bodea : Université de Genève
Dans cette contribution, nous essaierons d’abord de montrer que l’éducation par l’art, entendue comme médiation de savoirs situés (Chabanne, 2012, Mili & Rickenmann 2004 et 2005, Rickenmann, 2008) permet de : parer des inégalités scolaires (cf. Bourdieu & Passeron, 1964) liées à l’illusion de « l’immédiateté » de l’art (Rochex, 2003, Rickemann, 2003) ; orienter la formation du citoyen « éclairé », respectueux des œuvres et de la diversité des cultures, dans la mesure où « lorsque l’on connaît, l’on comprend et l’on respecte » (Glorieux, 2015); guider, grâce à la compréhension des œuvres et de leur fonctionnement, l’action publique relative à l’organisation et à la défense du patrimoine ; éduquer « de façon dépassionnée » le regard porté sur les objets visuels de notre environnement, afin d’éviter de « subir » leur « pouvoir » (Glorieux, op. cit.). Nous présenterons ensuite les enjeux d’une formation (par la recherche) à cette vision de l’éducation par l’art.
Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.
Titre du colloque :