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Djahanchah GHADIRI : HEC Montréal
Dans les domaines de la santé et des services sociaux, où le discours du partenariat de soin entre patients et professionnels de la santé est de plus en plus influent, la collaboration entre acteurs venant d’horizons divers et l’intégration d’une variété de savoirs, dont le savoir expérientiel des citoyens et des patients, est considérée de plus en plus essentielle. Notre projet vise à contribuer à la compréhension des défis identitaires que comporte de ce type de collaboration. Pour ce faire, nous avons étudié un processus de co-construction, à Montréal Nord, d’une clinique portée par les patients, en partenariat avec les professionnels de la santé. Ce processus rassemble professionnels de la santé, chercheurs et citoyens de Montréal-Nord, dont plusieurs sont en situation de pauvreté et d’exclusion sociale. Notre étude, fondée sur une analyse discursive des positionnements identitaires se manifestant au cours du processus de co-construction, met en lumière plusieurs défis identitaires à relever dans ce genre de collaboration.
Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?
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