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Mélanie PELLETIER : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les cégeps et les universités au Québec ont développé différentes initiatives afin de concrétiser le dialogue savoirs-société, soit par la recherche partenariale, la formation, et les activités de diffusion et transfert. On retrouve des services institutionnalisés, tels que le Service aux collectivités de l’UQAM (TIESS et UQAM, 2018) et le Bureau d’engagement communautaire de l’université Concordia. Du côté collégial, les centres collégiaux de transfert technologique – pratiques sociales novatrices (CCTT-PSN), reconnus par le gouvernement depuis 2009, visent le développement social (Arbour, 2016).
Des formules favorisant l’engagement étudiant dans la communauté ont aussi émergé depuis plus d’une décennie, que ce soit les boutiques de sciences (Piron, 2009), les projets d’intervention dans la communauté (Lemay, 2015; Bolduc, 2018) et les cliniques-écoles, entre autres.
Enfin, avec la transformation des instances de concertation et de développement dans les territoires, une nouvelle tendance observée est le développement de lieux d’innovation sociale ainsi que des observatoires régionaux (Estrie, Outaouais, Abitibi-Témiscamingue) par les établissements d’enseignement supérieur, ou en collaboration avec ceux-ci.
Cette communication a donc pour but de présenter un tour d’horizon de ces différentes formules de collaboration, réalisé par une recherche documentaire, en dégageant des conditions de succès et enjeux soulevés dans la mise sur pied et la pérennisation de ces initiatives.
Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :
- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.
- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.
- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.
Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.
Titre du colloque :