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Maude Pugliese : INRS - Institut national de la recherche scientifique
Au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord, la propriété d’une résidence constitue une réalisation hautement valorisée qui revêt une importance particulière pour ceux et celles qui ont l’intention d’avoir un ou des enfants. La propriété d’une maison – en particulier celle d’une maison unifamiliale – est fréquemment dépeinte comme désirable pour les familles avec enfants, autant dans la culture populaire qu’au sein des politiques publiques visant à favoriser l’accès à la propriété. L’achat d’une maison, par contre, peut engendrer des pressions économiques importantes, en particulier pour des parents à plus faible revenu, cet achat pouvant notamment conduire à des niveaux d’endettement peu soutenables. On peut dès lors se demander à quels sacrifices économiques les parents se soumettent afin de s’arrimer à l’idéal de la propriété lors de la venue d’enfants, selon leur niveau de revenu. Cette communication se penche sur cette question. À l’aide de l’Enquête sur la sécurité financière et d’analyses régressives, les liens entre la propriété de la résidence et la composition des ménages seront d’abord examinés. Nous explorerons ensuite les difficultés financières liées à la propriété d’une résidence parmi les parents et les non-parents selon les catégories de revenus. À cet effet nous comparerons les niveaux d’endettement et la diversification des épargnes chez les parents et les individus sans enfants selon qu'ils sont propriétaires ou locataires et selon leur niveau de revenu.
La réalisation des projets de couple et familiaux constitue des préoccupations importantes des individus contemporains. Ces projets font l’objet de représentations sociales produites par plusieurs sources (médias, psychologie populaire, conseils sur Internet). Celles-ci proposent des modèles et fournissent des supports à des imaginaires alimentant les scénarios personnels, créant des attentes qui se heurtent aux réalités quotidiennes, entraînant souvent désillusions et déceptions, pouvant aller jusqu’à remettre en cause le maintien de projets initiaux. Ce colloque propose une réflexion sur la construction des imaginaires sociaux associés à l’établissement des relations de couple et de la famille, aux modalités de passage des projets à la réalité et à l’analyse des satisfactions, des désillusions et des stratégies d’adaptation aux nouvelles conditions. Les études sur le couple montrent l’importance des idéaux liés au sentiment amoureux et aux relations de couple qui se déclinent selon des modèles susceptibles de produire des insatisfactions, allant jusqu’à la rupture. Dans le cas des relations familiales et de l’arrivée d’un enfant, les études indiquent la présence d’un écart entre l’enfant imaginé et l’enfant réel dont le projet répond moins à des attentes collectives qu’à des volontés individuelles. La grossesse doit répondre à un projet désiré, planifié, pour offrir à l’enfant à naître un bon départ dans la vie, d’où l’accroissement de la responsabilité des individus et des pressions entraînant une anxiété qui peut se manifester de plusieurs façons (dépressions, problèmes d’attachement, tensions conjugales, remises en cause de son idéal de famille, regrets d’avoir eu des enfants, etc.). Ce colloque constitue une invitation à (re)penser les attentes et les représentations sociales, à cerner les nouveaux enjeux individuels et sociaux entourant les choix familiaux et à mieux comprendre les imaginaires, les attentes et les désillusions vécues par les individus et les couples.
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