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Développement territorial, revitalisation et dépossession du logement: enjeux pour les acteurs politiques locaux

RG

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Renaud Goyer : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Le logement représente le socle par lequel les membres d’une collectivité s’ancrent sur un territoire et dans une communauté mais qui leur permet également de se protéger de la communauté et du territoire. Or, plusieurs phénomènes fragilisent ce rapport au logement et aux espaces, notamment pour les locataires. Le premier a trait aux problèmes de salubrité des logements contribuant à l’exclusion sociale des locataires qui y font face. Le deuxième consiste à l’augmentation des déplacements forcés (éviction ou reprise de logement) de locataires pour permettre à des promoteurs de transformer le cadre bâti pour en tirer davantage de profits. Dans les deux cas, les locataires font face à un phénomène de dépossession de leurs espaces du logement et du quartier. Ces phénomènes posent de sérieux défis pour l’organisation et le développement du territoire et les acteurs municipaux sont appelés à intervenir et se trouvent pris dans un arbitrage entre la volonté de défendre les locataires sans se mettre à dos les promoteurs qui permettent l’entrée de nouveaux revenus par l’entremise de l’impôt foncier. Existent-ils des innovations possibles pour effectuer ces arbitrages? Comment les acteurs collectifs conçoivent-ils ceux-ci? Notre communication, après avoir présenté ces phénomènes de dépossession, abordera les défis de l’action politique en matière de logement au niveau municipal dans un contexte où le développement territorial est pensé comme travail de négociation et de concertation.

Résumé du colloque

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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