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Isabelle Skakni : Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO)
Les raisons qui président le choix de s’engager dans un parcours doctoral sont complexes; elles rendent compte d’intentions allant du désir d’actualisation de soi au défi intellectuel en passant par un souci pragmatique de développement de carrière. Ces intentions s’accompagnent d’anticipations envers l’expérience doctorale parfois irréalistes. Ainsi, la difficulté à comprendre la culture académique ou à jauger l’ampleur du travail de thèse et l’incompatibilité entre leurs attentes et celles de leurs superviseur-e-s sont des défis majeurs que rencontrent les doctorant-e-s. Nous analyserons ces enjeux en nous appuyant sur deux études menées au Canada et en Europe. La première étude révèle que les raisons pour lesquelles une personne décide de réaliser un doctorat ont une influence sur sa progression, ses stratégies devant l’adversité et ses attentes en matière de supervision. De ce constat émerge une typologie du doctorat en tant que quête, se déclinant sur trois axes: la quête de soi, la quête intellectuelle et la quête professionnelle. La seconde étude met en lumière un scénario récurrent chez plusieurs doctorant-e-s, à savoir une alternance d’expériences positives et négatives qui marquent fortement leur parcours. Ces expériences, qui renvoient aux interactions au sein d’une communauté de recherche, aux défis de la publication scientifique et à la complexité du travail de thèse, forgent à la fois leur compréhension du monde de la recherche et leur identité de chercheur-e.
Le parachèvement d’une maîtrise, d’un doctorat ou d’un postdoctorat est un défi ambitieux dont les exigences dépassent largement les compétences et notions disciplinaires qui sont au cœur de cette démarche universitaire d’envergure. Un sondage mené auprès des étudiants-chercheurs qui ont participé à l’édition 2018 des Journées de la relève en recherche de l’Acfas révèle les principales préoccupations suivantes : exigences de performance, notamment en publication; recherche d’emploi et insertion professionnelle; précarité financière et durée des études; présence dans la sphère publique; pertinence de publier et de communiquer en français; sentiment d’isolement professionnel; gestion de problèmes personnels (santé mentale, harcèlement, etc.).
Bien qu’on ne puisse conclure à une quelconque représentativité à partir des résultats de ce sondage, ceux-ci rejoignent néanmoins des réflexions menées dans d’autres contextes, par exemple les travaux de l’Association des doyens des études supérieures au Québec (ADÉSAQ) et ceux du Comité intersectoriel étudiant (CIÉ) des Fonds de recherche du Québec. En 2016, le CIÉ a soumis une vingtaine de recommandations au scientifique en chef du Québec eu égard au soutien de la relève en recherche. Ces propositions sont de quatre ordres : l’excellence, l’accessibilité, le rayonnement ainsi que la gouvernance et la facilitation de la recherche.
Notre colloque veut offrir une tribune collective qui permettra de réfléchir, de discuter et de dégager des pistes d’action qui contribueront au soutien de la relève en recherche. Celle-ci représente un socle crucial du développement sociétal, lequel s’appuie de plus en plus sur le savoir et la recherche.
Titre du colloque :