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Domination et appropriation culturelle : pour une éthique de l’Alterophagie

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Amadou Sadjo Barry : Cégep de Saint-Hyacinthe

Résumé de la communication

Depuis la fin du XXe siècle, l’appropriation culturelle est perçue comme une forme de domination culturelle. Celle-ci aurait sa source dans l’asymétrie de pouvoir entre la culture majoritaire et la culture minoritaire, dont l’effet est de consacrer le privilège des personnes issues de la majorité en rendant invisible ceux et celles qui sont issus des minorités. Mais cette perception de l’appropriation culturelle ne repose-t-elle pas sur des considérations de justice politique qui ne sont pas nécessairement liées à la nature de la pratique artistique et à la signification des œuvres culturelles pour le travail de l’artiste ? En m’inspirant de l’approche républicaine de la non-domination, théorisée par Philip Pettit, je soutiendrai l’idée suivante : si l’appropriation n’exclut pas la possibilité d’une domination, on ne peut pas a priori faire de l’appropriation culturelle un synonyme de la domination culturelle. Pour ce faire, je discuterai tout d’abord le concept d’appropriation ; ensuite, j’esquisserai une ontologie des œuvres culturels. Ces deux préalables théoriques me conduiront à dégager les principes normatifs censés organiser les pratiques d’appropriations culturelles, afin qu’elles ne se traduisent pas dans des formes directes ou indirectes de domination culturelle.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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