Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Mansour Chemkhi : Université virtuelle de Tunis
Les genres premiers, communément appelés « genres discursifs », ont tendance à se substituer aux genres seconds « les genres littéraires», considérés historiquement comme l’activité de référence de l’enseignement des langues. La perspective actionnelle, préconisée par le CECR, repose sur le principe d’homologie entre la situation d’usage et la situation d’apprentissage. Elle s’appuie sur les genres premiers (fait divers, récit de vie, etc.) comme support principal auxquels sont articulées les autres activités d’enseignement.
Ces genres, plus proches de la communication courante, apparaissent plus adaptés à la mise en œuvre de la perspective actionnelle. Nous proposerons à travers notre contribution une démarche de didactisation du fait divers comme genre au service de l’enseignement du récit. Nous poserons l’hypothèse que ce genre repose sur un noyau plus ou moins stable d’actes de langage, qui favoriserait sa didactisation. En nous appuyant sur l’apport de la linguistique du discours ainsi que sur les travaux du Conseil de l’Europe, nous conceptualiserons le fait divers comme constitué d’une suite d’actes discursifs (situer un événement dans le temps et dans l’espace – rendre compte des conséquences d’un événement - informer des suites liés à un fait divers- rapporter des propos en vue d’illustrer un avis). Nous tenterons de montrer que l’entrée par les genres constitue une démarche adaptée à la didactisation de la notion, un peu floue, de tâche langagière.
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
Titre du colloque :
Thème du colloque :