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Hegel, Gadamer et l’expérience grecque du logos

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Thomas Anderson : Université Laval

Résumé de la communication

« Quiconque veut se mettre à l’école des Grecs, écrit H.-G. Gadamer, est toujours passé par celle de Hegel. » (WM 466) Cette formule, tirée de la troisième partie de Vérité et Méthode, indique bien plus qu’une filiation simplement accidentelle dans l’histoire des idées. La médiation par la figure de Hegel, pour établir un dialogue avec la pensée grecque, constitue de fait un motif récurrent de l’herméneutique gadamérienne elle-même, comme en témoignent les cinq études réunies sous le titre Hegels Dialektik. En quoi donc cette médiation est-elle pertinente? Pourquoi la figure de Hegel apparaît-elle comme presque incontournable pour celui qui voudrait se « mettre à l’école des Grecs »? Selon Gadamer, la dialectique hégélienne peut en réalité se comprendre comme une reprise consciente de la dialectique grecque, mais dans le contexte de la modernité. C’est parce que Hegel aurait considéré sa propre philosophie comme l’accomplissement de l’expérience grecque du logos, qui était dialectique, et même spéculative, qu’il peut nous renseigner sur cette expérience initiale. L’achèvement, dans cette optique, aurait quelque chose à nous dévoiler sur le commencement. Nous tenterons, dans notre présentation, de montrer comment le concept de spéculation permet à Gadamer de rétrocéder de la dialectique hégélienne à l’expérience grecque du logos, pour ensuite définir ce qui se joue au cœur de toute compréhension.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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