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La Bolivie indigéniste du Vivir Bien : avantages et contraintes pour les femmes Aymaras partageant leur vie entre ville et campagne

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Cécile Collinge : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM

Résumé de la communication

La Bolivie vit présentement d’importantes transformations démographiques, politiques et sociales. En 2006, ce pays majoritairement autochtone a élu pour la première fois un président indigène qui tente de donner au Vivir Bien, soit aux us, coutumes et valeurs indigènes, une place prépondérante tant dans le cadre constitutionnel que dans la vie quotidienne. Par ailleurs, une urbanisation intense, issue du capitalisme, côtoie la résurgence du Vivir Bien valorisant la paysannerie. Ainsi, de nombreuses familles indigènes, paysannes et pauvres migrent vers la ville, pour y travailler et y étudier, tout en conservant un terrain à la campagne, pour y produire l’essentiel des denrées alimentaires de la famille. Les femmes Aymaras partageant leur vie entre ville et campagne, ayant un mode de vie hybride urbain-rural et occidental-indigène, profitent maintenant d’une baisse importante des discriminations, d’une fierté indigène retrouvée, de programmes sociaux et de lois en faveur des femmes. Toutefois, le machisme toujours très présent, leur méconnaissance des politiques gouvernementales ainsi que les charges associées à la communauté rurale rendent la vie de ces femmes difficile.

Lors du colloque, nous présenterons l’innovation sociale qu’est le Vivir Bien, les principales politiques gouvernementales touchant les femmes ainsi que les points de vue d’expertes et de femmes partageant leur vie entre ville et campagne sur le Vivir Bien et sur son application concrète.

Résumé du colloque

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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