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« Là c’est l’amour pour l’amour! » : expériences de (re)mise en couple dans la soixantaine

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Chloé Dauphinais : Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations

Résumé de la communication

L’étude de la conjugalité a souvent édifié le couple comme fondement d’un projet d’avenir, fortement lié au projet de fonder une famille. Mais qu’en est-il du couple quand le temps est plus largement derrière nous? Est-ce qu’une expérience de mise en couple vécue plus tardivement dans le parcours de vie ouvre forcément à de nouvelles possibilités? N’est-elle pas aussi composée de certains renoncements? L’âge de la retraite, en lien avec la propagation de nouvelles représentations, devient désormais le théâtre de nouveaux possibles.En effet, les structures et les normes sociales ont des effets sur les expériences et les aspirations personnelles en posant des limites et en offrant des opportunités. Ainsi, les représentations sociales peuvent nous marquer jusque dans nos rapports les plus intimes. L’allongement de l’espérance de vie et la diversification des parcours conjugaux qui s’étend aux différents âges de la vie incitent à repenser à la mise en couple au-delà de l’entrée à l’âge adulte. Celle-ci pouvant survenir à différents moments du parcours de vie ainsi que prendre des formes multiples. Dans le cadre de cette présentation, j’aimerais aborder les projets conjugaux des personnes rencontrées dans le cadre de mon projet de maîtrise sur la mise en couple vécue lorsqu’âgé∙e dans la soixantaine. De plus, ces conjoint∙e∙s, par leurs expériences passées, peuvent aussi nous éclairer sur les effets des mutations survenues dans la sphère conjugale au cours des dernières décennies.

Résumé du colloque

La réalisation des projets de couple et familiaux constitue des préoccupations importantes des individus contemporains. Ces projets font l’objet de représentations sociales produites par plusieurs sources (médias, psychologie populaire, conseils sur Internet). Celles-ci proposent des modèles et fournissent des supports à des imaginaires alimentant les scénarios personnels, créant des attentes qui se heurtent aux réalités quotidiennes, entraînant souvent désillusions et déceptions, pouvant aller jusqu’à remettre en cause le maintien de projets initiaux. Ce colloque propose une réflexion sur la construction des imaginaires sociaux associés à l’établissement des relations de couple et de la famille, aux modalités de passage des projets à la réalité et à l’analyse des satisfactions, des désillusions et des stratégies d’adaptation aux nouvelles conditions. Les études sur le couple montrent l’importance des idéaux liés au sentiment amoureux et aux relations de couple qui se déclinent selon des modèles susceptibles de produire des insatisfactions, allant jusqu’à la rupture. Dans le cas des relations familiales et de l’arrivée d’un enfant, les études indiquent la présence d’un écart entre l’enfant imaginé et l’enfant réel dont le projet répond moins à des attentes collectives qu’à des volontés individuelles. La grossesse doit répondre à un projet désiré, planifié, pour offrir à l’enfant à naître un bon départ dans la vie, d’où l’accroissement de la responsabilité des individus et des pressions entraînant une anxiété qui peut se manifester de plusieurs façons (dépressions, problèmes d’attachement, tensions conjugales, remises en cause de son idéal de famille, regrets d’avoir eu des enfants, etc.). Ce colloque constitue une invitation à (re)penser les attentes et les représentations sociales, à cerner les nouveaux enjeux individuels et sociaux entourant les choix familiaux et à mieux comprendre les imaginaires, les attentes et les désillusions vécues par les individus et les couples.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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