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Émilie Dugré : Université de Sherbrooke
L’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS fonde sa programmation scientifique sur l’approche de personnalisation des soins et services. Cette approche comporte trois dimensions : la co-production des connaissances, la reconnaissance des savoirs expérientiels et l’évaluation de la différence. Le projet Communauté des savoirs (CS) se veut une mise en action de cette approche au sein de l’Institut. Il s’agit d’une façon d’actualiser des fondements théoriques qui orientent et structurent les projets portés par l’IUPLSSS. Les concepts de reconnaissance sociale et de croisement des savoirs sont également au cœur du projet CS. Croiser les savoirs professionnels, scientifiques et expérientiels implique d’abord une reconnaissance de la valeur et de l’équité de tous les savoirs et donc de reconnaître la présence de rapports de pouvoir. Pour mettre réellement en dialogue les savoirs, une prise de conscience doit se faire de la part de tous les acteurs. Un des outils créé est une formation qui sera offerte aux membres de l’Institut : usagers, chercheurs, étudiants, gestionnaires et intervenants. Cette formation permettra de sensibiliser ces acteurs à la plus-value de la CS en les faisant réfléchir (action réflexive) à leur rapport à soi et à l’autre. L’objectif de notre communication sera de présenter le cadre théorique de la CS, certains défis vécus et d’illustrer comment celle-ci s’actualise au sein de l’IUPLSSS.
Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?
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