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La formation continue : un levier d’action pour ouvrir vers plus de démocratisation dans le travail ?

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Dominique Cau-Bareille : Laboratoire Education, cultures et politiques

Résumé de la communication

En France, l’enseignement connaît de nombreuses réformes depuis une quinzaine d’années. Il est demandé aux personnels de s’engager régulièrement dans des transformations profondes de leur activité, d’adhérer à de nouvelles pratiques, de nouvelles valeurs sans pour autant être associés à la réflexion sur ces mutations. Nous montrerons, sur la base d’un travail de recherches mené avec deux syndicats de l’enseignement, que ces changements font l’objet de moins en moins d’accompagnement en termes de formation. L’institution laisse souvent les enseignants seuls face à ces directives, sans se préoccuper du coût humain de ces changements, des conflits éthiques qu’ils peuvent engendrer, des difficultés de mise en œuvre des nouvelles prescriptions et de l’adéquation des ressources affectées aux nouveaux objectifs fixés. Les formations proposées relèvent plus de temps d’informations sur ces nouvelles mesures que d’opportunités de développement professionnel et personnel. La tendance est au e-learning, coupant les enseignants d’espaces de réflexion collectifs autour des prescriptions. Cela limite fortement les possibilités de questionnement des injonctions, d’élaboration collective autour d’évolutions du métier qui froissent l’éthique professionnelle. Nous défendons l’idée que la formation continue est un levier important de santé au travail, de développement des compétences et un espace de démocratisation dans le travail qu’il s’agirait d’investir davantage d’un point de vue syndical.

Résumé du colloque

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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