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La quête de « santé mentale », un prétexte pour exposer la vulnérabilité?

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Marie-Ève Vautrin-Nadeau : Université de Montréal

Résumé de la communication

La notion de « santé mentale » est fortement employée au sein de l’appareillage professionnel, institutionnel et légal de la santé publique au Québec, qui a connu un essor important dans la seconde moitié du XXe (Massé, 2003). Dans le discours public, elle est par ailleurs plus répandue. Selon Marcelo Otero (2003), ladite notion ne réfère pas tant à l’absence de maladie qu’à l’appel à développer « un certain potentiel d’adaptation atteignable par un travail du sujet sur lui-même et, le cas échéant, sur son réseau d’appartenance et de soutien » (p. 21). Or, la quête de « santé mentale » que théorise Otero en est récemment venue à faire l’objet d’initiatives médiatiques telles que la série télévisée Un vrai selfie (Unis TV, 2018). Dans la foulée du mouvement contre la stigmatisation des personnes aux prises d’un problème de « santé mentale », des voix s’élèvent pour parler de « difficultés » du quotidien, de rapports à soi troubles. Dans le cadre de cette communication, j’interrogerai les modalités de mise en visibilité d’enjeux de « santé mentale » en tant qu’ils traduisent une certaine vulnérabilité. M’inspirant de Judith Butler (2016), qui aborde la vulnérabilité comme une ressource politique pouvant ouvrir des espaces de parole et de solidarité pour des sujets différemment positionnés dans le champ social, je propose une exploration des manières d'exposer et de discuter des épreuves de vie, cela en m’appuyant sur des extraits de la série Un vrai selfie.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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