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Sylvie Lévesque : UQAM - Université du Québec à Montréal
La transition à la parentalité (TàP) est une période ayant de nombreuses répercussions sur les individus et le couple, notamment en ce concerne la sexualité. Les études rapportent que le désir, la fréquence et la qualité perçue des rapports sexuels pourraient être affectés négativement par la TàP. Toutefois, une majorité de celles-ci ont porté sur les impacts associés à ce changement sur l'un des deux conjoints, avec une forte proportion d'études axées sur les mères. De plus, peu d'études se sont intéressées à documenter les significations que les participants accordent à la sexualité pendant cette période. En conséquence, cela crée une tendance à considérer ces changements comme intrinsèquement négatifs et à présumer que la baisse ou l'absence d'activité sexuelle a un effet direct et négatif sur la satisfaction conjugale. Cette présentation s'intéresse à comment les nouveaux parents perçoivent et vivent leur sexualité et intimité au travers des changements induits par la parentalité. Des entretiens dyadiques semi-dirigés ont été réalisés auprès de vingt-trois couples, dont le premier-né était âgé entre 6 et 18 mois, suivis d'entretiens individuels avec chacun des parents. Bien que la TàP module négativement la fréquence des relations et le désir sexuel chez les mères, la satisfaction sexuelle des deux partenaires semble peu affectée par ces changements. Des exemples répertoriés dans les sphères individuelles et conjugales permettront d'illustrer ces transformations.
La réalisation des projets de couple et familiaux constitue des préoccupations importantes des individus contemporains. Ces projets font l’objet de représentations sociales produites par plusieurs sources (médias, psychologie populaire, conseils sur Internet). Celles-ci proposent des modèles et fournissent des supports à des imaginaires alimentant les scénarios personnels, créant des attentes qui se heurtent aux réalités quotidiennes, entraînant souvent désillusions et déceptions, pouvant aller jusqu’à remettre en cause le maintien de projets initiaux. Ce colloque propose une réflexion sur la construction des imaginaires sociaux associés à l’établissement des relations de couple et de la famille, aux modalités de passage des projets à la réalité et à l’analyse des satisfactions, des désillusions et des stratégies d’adaptation aux nouvelles conditions. Les études sur le couple montrent l’importance des idéaux liés au sentiment amoureux et aux relations de couple qui se déclinent selon des modèles susceptibles de produire des insatisfactions, allant jusqu’à la rupture. Dans le cas des relations familiales et de l’arrivée d’un enfant, les études indiquent la présence d’un écart entre l’enfant imaginé et l’enfant réel dont le projet répond moins à des attentes collectives qu’à des volontés individuelles. La grossesse doit répondre à un projet désiré, planifié, pour offrir à l’enfant à naître un bon départ dans la vie, d’où l’accroissement de la responsabilité des individus et des pressions entraînant une anxiété qui peut se manifester de plusieurs façons (dépressions, problèmes d’attachement, tensions conjugales, remises en cause de son idéal de famille, regrets d’avoir eu des enfants, etc.). Ce colloque constitue une invitation à (re)penser les attentes et les représentations sociales, à cerner les nouveaux enjeux individuels et sociaux entourant les choix familiaux et à mieux comprendre les imaginaires, les attentes et les désillusions vécues par les individus et les couples.
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