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La vulnérabilité comme outil critique, redéfinir les normes sociales et les frontières de l’exclusion

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Eloi Paradis-Deschênes : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Le concept de vulnérabilité a récemment été mobilisé dans plusieurs écrits féministes. Chez la plupart des auteur.e.s, la reconnaissance de la vulnérabilité constitutive à l’être humain est indissociable d’« une conception du sujet radicalement alternative » (Ferrarese, 2009) qui remet en question le modèle du sujet autosuffisant. L’un des avantages de la vulnérabilité est qu’elle ne constitue pas en elle-même un idéal normatif. C’est plutôt sa distribution en rapport à un système de valeurs, de normes et de pratiques qui nous amène à lui accorder une valeur positive ou négative. Sur la base d’une condition commune à tout être humain, la distribution de la vulnérabilité se présente comme un problème normatif présent dans tout système, et peut être articulée à une pluralité de valeurs (autonomie, égalité, etc.). Ce concept ne possède pas en lui-même de présupposé susceptible d’exclure a priori certaines personnes ou certains types de savoir ou d’idéaux. Après avoir défini le concept de vulnérabilité, en nous appuyant sur les écrits de Judith Butler (2005, 2016), nous aborderons en quoi ce dernier contribue potentiellement à l’élaboration d’approches théoriques non-idéales et plus inclusives. Nous verrons que, sur le plan épistémologique, cette conceptualisation de la vulnérabilité permet d’éviter la fermeture à certains types de savoirs et d’idéaux et que, sur le plan politique, elle permet d’ouvrir l’espace politique et de redéfinir les frontières de la citoyenneté.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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