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L’appropriation comme interprétation: une herméneutique de la conservation

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Jacques Quintin : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

L’histoire de la philosophie est une histoire d’appropriation. Un philosophe qui s’appuie sur la pensée d’un autre penseur; Cicéron qui s’approprie la pensée grecque; le monde arabe qui s’approprie la pensée, principalement, d’Aristote; et la Renaissance qui redécouvre la pensée gréco-romaine. À chaque occasion, cette appropriation a permis de sauver un univers culturel de l’oubli. Cela nous amène à nous demander ce qu’est une appropriation authentique et la place du dialogue pour sa réalisation? En contrepartie, nous nous interrogerons sur ce qu’est une appropriation inauthentique, qui se caractériserait par la violence, le vol et l’injustice. La pensée de Gadamer nous servira d’appui pour développer notre propos et pour tenter d’en dégager une leçon.

Résumé du colloque

Les récentes contestations publiques, qui ont conduit au Québec à l’interdiction des pièces de théâtre Slav et Kanata, sous motif que le metteur en scène et son équipe s’appropriaient culturellement l’histoire des esclaves noirs et des communautés autochtones, nous amènent à réfléchir sur les diverses significations historiques, politiques, juridiques, sociales et éthiques des revendications des groupes historiquement marginalisés.

Ces groupes, historiquement dominés, mènent aujourd’hui une quête qui va au-delà de la reconnaissance formelle des souffrances qu’elles ont subies dans le passé. En effet, au nom d’une justice réparatrice, elles imposent une sacralisation du passé et des bénéfices financiers et symboliques. Or, comme le souligne Tzvetan Todorov : « Le devoir de mémoire est le devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi. […] La victime dont il est ici question, c’est la victime autre, autre que nous. » (1995 : 108). Se positionner en victime suffit-il pour réparer les souffrances du passé? Est-ce que les excuses suffisent pour passer par-dessus les politiques d’assimilation des autochtones canadiens? La sacralisation du patrimoine autochtone leur permet-elle de continuer à construire leur identité? Quelle partie de leur patrimoine culturel doit être protégée?

Ce colloque propose d’examiner l’évolution discursive des groupes qui utilisent l’appropriation culturelle, à l’instar des Autochtones (Noirs, homosexuels, immigrants, femmes et autres minorités soumis à un pouvoir politique), en lien avec leur constante redéfinition identitaire. Les conférenciers sont invités, d’une part, à réfléchir à ces enjeux à partir d’exemples concrets et, d’autre part, à approfondir les concepts inhérents à ce débat comme ceux d’acculturation, d’assimilation, de reculturation, d’appropriation culturelle, de white culture & white art, d’identité, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : David Lefrançois
section icon Date : 28 mai 2019

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