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L’appropriation culturelle à l’époque de la post-vérité

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Catinca Adriana Stan : Université Laval

Résumé de la communication

L’appropriation culturelle à l’époque de la post-vérité

Les récentes revendications autochtones, qui ont conduit au Québec à l’interdiction des pièces de théâtre Slav et Kanata, nous amènent à nous interroger sur le nouveau rapport de forces discursives qui s’installent de plus en plus dans notre société moderne, traversée par la crise de la culture (Arendt, 1972/1999) et fragilisée par des idéologies relativistes comme la post-vérité / le post factuel. Ces idéologies qui instaurent un nouveau rapport à la vérité légitiment entre autres l’idée de postnational (Habermas, 2001) : en effet, l’État n’étant plus le garant d’une identité nationale, chaque groupe social cherche à s’inscrire dans le temps long de l’histoire, à utiliser sa propre historicité pour produire ou consolider sa propre identité.

En partant de cette controverse qui anime le Québec présentement, dans cette conférence nous souhaitons présenter un point de vue philosophique et historique autour du concept de post-vérité / de post-factuel, en soulignant le glissement entre l’histoire et la mémoire, d’une part (et le rapport différent qu’elles entretiennent avec la vérité) et entre la culture comme échange et culture comme privilège de ceux qui la détiennent.

Résumé du colloque

Les récentes contestations publiques, qui ont conduit au Québec à l’interdiction des pièces de théâtre Slav et Kanata, sous motif que le metteur en scène et son équipe s’appropriaient culturellement l’histoire des esclaves noirs et des communautés autochtones, nous amènent à réfléchir sur les diverses significations historiques, politiques, juridiques, sociales et éthiques des revendications des groupes historiquement marginalisés.

Ces groupes, historiquement dominés, mènent aujourd’hui une quête qui va au-delà de la reconnaissance formelle des souffrances qu’elles ont subies dans le passé. En effet, au nom d’une justice réparatrice, elles imposent une sacralisation du passé et des bénéfices financiers et symboliques. Or, comme le souligne Tzvetan Todorov : « Le devoir de mémoire est le devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi. […] La victime dont il est ici question, c’est la victime autre, autre que nous. » (1995 : 108). Se positionner en victime suffit-il pour réparer les souffrances du passé? Est-ce que les excuses suffisent pour passer par-dessus les politiques d’assimilation des autochtones canadiens? La sacralisation du patrimoine autochtone leur permet-elle de continuer à construire leur identité? Quelle partie de leur patrimoine culturel doit être protégée?

Ce colloque propose d’examiner l’évolution discursive des groupes qui utilisent l’appropriation culturelle, à l’instar des Autochtones (Noirs, homosexuels, immigrants, femmes et autres minorités soumis à un pouvoir politique), en lien avec leur constante redéfinition identitaire. Les conférenciers sont invités, d’une part, à réfléchir à ces enjeux à partir d’exemples concrets et, d’autre part, à approfondir les concepts inhérents à ce débat comme ceux d’acculturation, d’assimilation, de reculturation, d’appropriation culturelle, de white culture & white art, d’identité, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : David Lefrançois
section icon Date : 28 mai 2019

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