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Louis Jacob : UQAM - Université du Québec à Montréal
Notre proposition est une réflexion sur la diversité de l’art engagé. D’abord, nous assistons à une profonde redéfinition du politique (années 1940, années 1980, années 2000) ; nous assistons également à une redéfinition de la fonction sociale, civilisationnelle de l’art dans toutes les cultures. Subversion ou sollicitude, contestation ou guérison, mobilisation ou capacitation, dénonciation ou reconnaissance, revendication ou sensibilisation, résistance ou illumination, ce sont autant de pratiques et de formes possibles pour l’art engagé aujourd’hui. Il sera question de ce qui reste du renversement dans l’ordre du symbolique, et la question tout aussi essentielle du contexte de ces œuvres qui peuvent trouver, perdre, retrouver une valeur politique. Comment une œuvre marque-t-elle son caractère engagé ? L’art engagé exprime un désir de pertinence qui est aussi un désir de différence, un geste risqué. Enfin, il reste à examiner comment, dans cette nouvelle posture, l’art peut à l’école devenir le support et le vecteur d’une réflexion sociétale.
Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.
Titre du colloque :