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Maia Morel : Université de Sherbrooke
L’art actuel est devenu un moyen de sensibilisation sociétale aux divers enjeux contemporains, en proposant des voies alternatives sur ce que pourrait ou devrait être le vivre ensemble (Lamoureux et Uhl 2018). Nous nous interrogeons ici sur la façon dont les arts peuvent, en tant que discipline d’enseignement à tout niveau, aborder diverses questions socialement vives, permettant la mise en place d’une démarche éducative qui favorise l’ouverture à « l’autre ». Nous émettons l’hypothèse qu’à travers l’expérience esthétique comme processus de construction de savoir (Dewey 1931/2005) les enseignants développent de nouvelles connaissances sur l’art en tant que véhicule et/ou produit d’un questionnement sociétal; un traitement des données par analyse qualitative (Paillé et Mucchielli 2016) nous a permis d’identifier chez les participants à notre recherche une nouvelle compréhension de l’art actuel, que nous appelons « art socialement vif », et de la façon dont il pourrait soutenir l’éducation à la diversité.
Cette rencontre invite à porter un nouveau regard sur l’art qui, pour citer Anne Cauquelin, ne se limite pas à ce que la doxa nous présente comme tel, mais revendique haut et fort son rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociétaux. En effet, l’art à l’époque moderne sort de la période historique durant laquelle la société ne voulait voir en lui qu’un agrément : il est devenu un moyen de connaissance et d’action (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Lamoureux et Uhl, 2018), abordant diverses questions socialement vives : équité, diversité, antiracisme, pluralisme, humanisme… Par cette ouverture, les arts permettent le développement des compétences sociales (Winner, Goldstein et Vincent-Lancrin, 2014) et participent à la formation du citoyen (Kerlan, 2014; Lauret, 2014; Liot, 2010). Cette évolution du paradigme de l’art donne une importance cruciale aux recherches portant sur l’impact que l’enseignement artistique et culturel peut avoir sur les transformations sociales : sa vocation est bien de servir d’outil pour l’éducation à l’inclusion, à la santé, à la démocratie, à l’environnement, etc. Le besoin d’un engagement collectif en ce sens est clairement exprimé par les attentes envers l’éducation, et aussi constaté à travers les finalités de plusieurs programmes de formation (voir par exemple les quatre arts dans PFEQ, chapitre « Relations avec les domaines généraux de formation »). Dans la continuité de ces idées, le colloque est consacré à une thématique de recherche émergente considérant l’art comme vecteur et/ou porteur d’un questionnement sociétal; il se situe au point de rencontre de trois champs de réflexion et/ou d’action : les arts, les enjeux sociétaux et les pratiques de formation ou éducation.
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