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Le Conatus et le principe d’inertie chez Spinoza

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Alexandre Rouette : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Dans l’Éthique, Spinoza affirme : « un corps en mouvement se meut aussi longtemps qu’un autre corps ne le détermine pas au repos ; et un corps au repos, également, demeure au repos aussi longtemps qu’un autre ne le détermine pas au mouvement » (E2L3C). Ce que décrit Spinoza et qu’on appelle aujourd’hui « principe d’inertie » est un des fondements de sa physique comme c’était le fondement de la physique cartésienne.

Parallèlement à cette énonciation du principe d’inertie, la troisième partie de l’Éthique introduit un second concept, le conatus, qui servira de fondement à la physiologie, à la théorie des passions ainsi qu’à la théorie politique de Spinoza. Selon ce concept, « Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être » (E3P6). Autrement dit, le concept de conatus désigne cette tendance à persévérer dans l’être que possède chaque chose.

Naturellement, on pourra rapidement observer une similitude entre ces deux concepts. Mais, un problème apparaît rapidement : aucun des deux énoncés ne fait de renvoi direct ou indirect à l’autre. Dans une œuvre qui fourmille de renvoi, cette absence de liens explicitement établis entre deux principes qui pourtant se ressemblent est une question importante surtout à la lumière du parallélisme des attributs que met en place Spinoza. C’est ainsi que cette communication a pour objectif de déterminer si la ressemblance entre ces deux concepts est fondamentale ou simplement cosmétique.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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