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akila naima dib : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
L’exclusion des musulmanes de l’arène politique est-elle formellement énoncée dans le Coran? Telle est la question que je me propose d’examiner. Je commencerai par présenter des versets où le jugement des deux sexes repose sur les mêmes critères. J’examinerai ensuite des versets-récits où le littéral et l’allégorique s’entremêlent pour donner au Texte toute sa substance et sa force signifiante. Ces versets, qui mettent en évidence l’absence de discrimination divine entre les sexes, témoignent des écarts intervenus entre les fondements du Coran et les pratiques socioculturelles et permettent alors de contrer l’hégémonie patriarcale. Partant de l’hypothèse selon laquelle ce que le lecteur retient d’un texte n'est pas un absolu, mais la vision qu’il en a, vision qui ne coïncide que partiellement avec l’énoncé, je dirais que la conception qu’ont les musulmans des femmes et de leur place dans l’organisation sociale et politique repose moins sur le Texte que sur ce que Bourdieu appelle la « sociodicée masculine » qui « légitime une relation de domination en l’inscrivant dans la nature biologique qui est elle-même une construction sociale naturalisée ». C’est donc l’enchevêtrement des deux phénomènes suivants qui servira de toile de fond à ma présentation : la croyance selon laquelle le texte sacré serait le fondement même de la vision androcentrique; les sentiments inavoués que Bourdieu appelle « l’inconscient androcentrique » et qui persistent plus dans les sociétés musulmanes.
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