Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Christine Therrien : École nationale d'administration publique
La résilience, en tant qu'objectif politique et paradigme organisationnel, est considérée comme une rupture radicale de l'approche de gouvernance traditionnelle où les stratégies de commandement et contrôle sont utilisées pour atteindre des objectifs politiques prédéterminés dans un environnement relativement stable (Bourgon, 2009). Quant à elle, la résilience repose sur des principes comme la «flexibilité» et la «réactivité» et devrait, par conséquent, s’accompagner de transformations profondes en matière de politiques, de procédures et de structures administratives.
À l’échelle locale, il est nécessaire de mieux comprendre en quoi l’adoption de la résilience, en tant qu’objectif politique, modifie la manière dont les villes sont organisées et élaborent leurs politiques. Sans un certain degré de changement dans l’organisation des administrations, la résilience pourrait s’avérer un engagement essentiellement rhétorique ayant peu d'impact réel.
L'objectif de cette communication consiste à proposer un cadre conceptuel pour analyser la transformation de la gouvernance urbaine multipartite pour développer la résilience urbaine. Nous nous intéressons plus spécifiquement à la manière dont les administrations publiques gèrent la coexistence entre la rigidité des processus et les capacités de réactivité et de flexibilité. Ce cadre conceptuel est axé sur les capacités des administrations publiques pour établir les objectifs et les moyens des politiques.
Devant le nombre de crises comme les catastrophes naturelles, les pannes d’infrastructures essentielles, les risques de pandémie et les attaques terroristes, l’adoption de politiques publiques sur la résilience semble une solution prometteuse. Cette solution est préconisée par la Stratégie internationale de prévention des catastrophes de l’ONU, l’Accord de Paris sur le climat, des initiatives philanthropiques comme le 100 Resilience Cities de la Fondation Rockefeller, la politique québécoise en matière de sécurité civile de 2014 ainsi que des politiques et des stratégies municipales comme celle adoptée par Montréal en 2018.
La mise en oeuvre des premières politiques en matière de résilience se bute toutefois à plusieurs défis. D’abord, le concept de « résilience » pose un défi particulier en matière de compréhension et de diffusion auprès des acteurs concernés, car il englobe une grande variété d’actions, de l’adaptation proactive aux risques, à la préparation, à l’intervention et au rétablissement postévénement. De plus, la mise en œuvre de la résilience nécessite de nouveaux modes de gouvernance avec un cloisonnement des spécialisations, une gestion horizontale des problèmes pernicieux et la mise en place de réseaux avec des organisations publiques et privées provenant de plusieurs juridictions. Jusqu’à présent, les premières études empiriques ont soulevé des obstacles tels que la négligence des problèmes sociaux et économiques pour le développement de la résilience, la persistance des solutions proposées précédemment, les limites imposées par les valeurs et les principes de l’administration publique, la sous-estimation des compromis à réaliser par les parties prenantes et les divergences de perceptions entre professionnels des différentes directions. Comment ces défis peuvent-ils être surmontés? Ce colloque propose d’aborder ces enjeux par le design, la mise en oeuvre et la gouverne de politiques publiques de résilience.
Titre du colloque :
Thème du colloque :