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« Le droit au froid » : Une vision inuite des effets du changement climatique dans l’Arctique

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Julien HOCINE : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette proposition s’inscrit au confluent des deux premiers axes suggérés pour ce panel. Elle repose sur l’examen de l’articulation du phénomène d’un point de vue inuit, ainsi que le sens de la notion de « droit au froid » proposée par l’activiste environnementale inuite Sheila Watt-Cloutier.

Depuis la création du Conseil circumpolaire inuit en 1977 à Point Barrow (Alaska), les Inuits disposent d’une organisation non gouvernementale pour défendre leurs droits et faire entendre leurs voix sur la scène politique régionale. D’un point de vue médiatique, les discours des peuples autochtones de l’Arctique sur l’environnement nordique et ses bouleversements ont été minorisés et leurs savoirs marginalisés relativement à l’historicité des représentations du « Grand Nord ». La traduction française de l’ouvrage autobiographique de Sheila Watt-Cloutier - Le droit au froid. Le combat d’une femme pour protéger sa culture, l’Arctique et notre planète (2019 [2015]) par Lisa Koperqualuk, présidente du Conseil circumpolaire inuit Canada -, constitue l’occasion de poser un regard sur les représentations de l’Arctique et son environnement. L’objectif est de discuter des métaphores mobilisées dans quelques discours de l’activiste portant sur le changement climatique dans l’Arctique depuis 2007. Il s’agit notamment de mettre en lumière les liens avancés entre l’environnement nordique et la culture inuite menant à l’idée de « préjudice » et à l’impératif d’un « droit au froid » pour les Inuits.

Résumé du colloque

La thématique environnementale et celle corrélative de la crise écologique ont acquis une centralité incontournable dans l’économie générale des discours publics contemporains. La quasi-totalité des disciplines des sciences naturelles, des sciences formelles et des sciences humaines et sociales s’en sont saisies sans que cette profusion de production savante soit en prise directe avec l’univers concret des politiques publiques et des pratiques citoyennes.

À côté de cette production savante, la place que les enjeux environnementaux ont prise dans l’univers des interactions sociales interpersonnelles et médiatisées a parallèlement crû de manière exponentielle depuis ces dernières décennies. L’environnement en est ainsi arrivé à acquérir une place centrale dans le panorama des communications publiques et sociales un peu partout dans le monde.

Différentes catégories d’acteurs (politiques, industriels, groupes de pression, citoyens, médias, experts, etc.) tentent de structurer le débat public en fonction de leurs attentes, de leurs intérêts et des moyens dont ils disposent. Ainsi en est venu à se développer et à se structurer un nouveau domaine nommé « communication environnementale ».

Au sein de ce domaine qui est conjointement un champ d’investigations scientifiques et un univers de pratiques (professionnelles et amateures), à ce jour l’un des enjeux les plus importants qualitativement et quantitativement est celui des changements climatiques. En raison, d’un côté, de sa portée globale et, de l’autre, des impacts bien réels des dérèglements dont le climat est l’objet, il cristallise des positionnements politiques, juridiques, économiques et éthiques très contrastés qui expliquent en partie pourquoi il y a une telle distance entre le consensus scientifique auquel sont parvenus les scientifiques sur les causes anthropiques du changement climatique et la prise de mesures concrètes susceptibles de ralentir, à défaut d’y remédier, le réchauffement climatique.

Le colloque est l’occasion de réfléchir collectivement à l’articulation des dimensions communicationnelles ou médiatiques et environnementales dans les espaces publics relativement à la thématique du changement climatique. Partant d’une définition a minima de l’environnement comme commun global (corrélativement à des nuisances communes globales comme la pollution) articulant à une échelle donnée : 1) une communauté; 2) une ressource partagée; 3) des modes spécifiques de gouvernance, le colloque sera l’occasion de croiser les perspectives sur les différents éclairages possibles sur l’articulation de ces deux formes de ressource que sont l’environnement et la communication.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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