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Le passage de l’association au modèle coopératif pour les groupements d’employeurs : choix contraint ou réelle innovation sociale ?

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Caroline ANDRE : À determiner

Résumé de la communication

Fin 2018, le Conseil économique, social et environnemental français se prononçait en faveur de la promotion des groupements d’employeurs (GE) qualifié d’« outil pour la croissance et l’emploi ». Créés principalement sous forme associative, les GE constituent une formule originale d’emplois partagés. Ils ont été créés sur l’initiative de chefs d’entreprise de TPE/PME afin de mutualiser la création d’emplois et les risques qui lui sont attachés pour répondre à leurs besoins de main-d’œuvre. Depuis peu[1], on observe une évolution du statut juridique des GE, majoritairement associatifs, vers la forme coopérative, et plus spécifiquement pour les sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC) (André et al. 2016). Cette forme juridique permet par une gouvernance multisociétariat de renforcer les fonds propres des GE et de mieux garantir la pérennité de leur activité. L’objet de cette communication, qui s’appuie sur une étude qualitative menée auprès des 19 GE ayant opté pour la SCIC en France, vise à identifier les raisons et les effets de cette transformation. S’agit-il d’un choix contraint par des logiques isomorphes (Laville et Sainsaulieu, 2013) ou d’une réelle innovation sociale visant à renforcer l’attractivité des territoires par une meilleure coopération inter-organisationnelle (Lethielleux, 2017) ?

[1] Lenancker P. (2018), « Les groupements d’employeurs », avis du CESE, novembre 2018, p. 107.

Résumé du colloque

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 28 mai 2019

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